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Natacha, dite Natou 13

Chambre 4 puis serveuse

Dîner sans Toni

Je suis ben contente d’avoir commencé ce blog, vos mots toujours gentils me réchauffent le cœur.

Surtout que depuis dimanche matin, je me sens toute flappie. C’est la première nuit que je passe sans Toni depuis … Je sais même plus, c’est dire ! Déjà, je me languis de lui. J’ai essayé de l’appeler plusieurs fois mais je tombe toujours sur son répondeur, pas de nouvelles depuis son dernier sms samedi. Je veux pas faire ma pégueuse, je sais qu’il aime pas ça, mais quand même… C’est pas que j’ai pas la confiance, sauf que je capte pas pourquoi, il est tout silence comme ça. C’est ça qui me tracasse. Parce qu’on va pas me faire croire qu’y l’a pas le temps d’un petit message quand même ! Alors té, c’est sûr que ça commence à me turlupiner le ciboulot. Je peux pas m’empêcher de m’imaginer des choses ! Brrr, je préfère même pas les écrire ici, ça va me porter la poisse. Et jusque-là, la scoumoune s’est tenue à carreau, alors je me dis : « Natou, haut le cœur ! T’en fé pas ! Il va revenir, il te l’a dit ! » Peut être que je devrai causé avé le voyant.. Naaan ! Je prefère balayer mes mauvaises idées en repensant à toutes les belles choses qui me sont arrivées depuis que je suis ici. Sans rire, j’ai le cul bordé d’anchois !

Té pas plus tard qu’hier soir, j’entre dans le restaurant de l’auberge, je me trouve comme une bestiasse d’être là, toute seule. Je vois ma coupine June, mais elle a l’air bien occupée avec un gars que j’ai jamais vu. Je vise Lisa, la serveuse, qui tient un plateau bien chargé. Tout de suite, (ça c’est le métier), je vois ben qu’elle va pas y arriver, l’es pas ben équilibré son plateau, ça peut pas tenir ! Je peux pas la laisser de guingois comme ça. Faut que j’aille aider, c’est plus fort que moi. Le temps que je me pointe, patatra ! le plateau est parterre avec un grand fracas. La pov Lisa est toute rouge d’avoir fait cte cagade. Je sais ce que c’est ! ça m’est arrivée à moi aussi !

- T’en fé pas Lisa c’est des cacarinettes ! ça arrive à tout le monde !

Je l’aide à tout ramasser, pas trop de casse, que de la vaisselle sale, heureusement, y avait pas de boustifaille, parce que ça, ça fait râler en cuisine ! Je lui fais une petite démonstration dont j’ai le secret :

- Tu mets le lourd au milieu, le plus léger tout autour comme une spirale qui disait toujours mon oncle ! Et puis tu cales tes coudes comme ça, tu vois, c’est tout le corps qui porte, pas que les bras !

Elle a pigé de suite, elle m’a fait un bon sourire en me remerciant et puis elle a repris son service. L’est pas beaucoup plus vieille que moi je pense, on voit bien que serveuse c’est pas son vrai métier ! C’est une intellectuelle ! ça se voit tout de suite, mais elle a pas le melon, je l’aime bien vé.

J’avise une table vide, je me dis « bé Natou, courage, tu peux bien manger toute seule ! c’est pas la mort non plus ! » Quand je vois une belle dame, toute estrasse qu’on voit qu’elle a le gout et les sous. Elle est à l’auberge depuis pas longtemps elle, j’ai pas souvenir de l’avoir beaucoup croisée. Elle mange toute seule elle aussi, je me dis que c’est trop couillon chacune à sa table à se mort fondre. Je prend mon courage des deux mains, foin de chichinette, le naturel, le naturel ! et je lui dis :

- Vous dinez toute seule ?
- En effet.
- Moi aussi, jusqu’ici je diné avé Toni, mon amoureux, mais il est parti pour affaire, il revient dans quelques jours, alors du coup je suis toute seule. Je peux m’assoir avé vous ?
- Je vous en prie.
- Merci madame.

Je m’assied et d’un coup la timidité me prend. Je me sens toute empéguée. Cette dame-là, elle a quelque chose qui me pressionne. C’est son regard té ! Elle a les yeux qui déshabillent ! Pourtant, j’ai mis le jean et le pull qu’Adèle m’a dit d’acheter.

- Je m’appelle Natacha … Et vous madame c’est comment ? …

Son regard me transperce aussi surement qu’un canif.

- Appelez-moi Ann-Katherine. D’où venez-vous, Natacha, avec cet accent chantant.
- Bé de Marseille ! Et vous ?
- Je viens d’Autriche.
- Bé ! c’est ou ça l’Autre riche ?
- Comme vous êtes amusante ! Aucune importance, je n’ai pas envie d’en parler.
- Ah ?

Je me demande comment c’est possible de pas avoir envie de causer.

- Mais parlez-moi de vous

Qu’est-ce qu’elle avait pas dit là ! Pour parler de moi, j’ai parlé de moi comme d’habitude en fait. Une vré bazarette ! Elle m’écoutait gentiment, elle me souriait souvent, me posait des questions de temps en temps, bé je crois que cette grande dame s’est vraiment intéressée à ma petite personne. L’’aurait pu faire sa bégueule ! Mais pas du tout ! Fatche ! Quand je dis que j’ai le cul bordé d’anchois !

Bon quand je lui ai parlé de Toni, elle m’a regardé avec ses yeux qui transpercent et elle m’a dit :

- Méfiez-vous d’avantage Natacha. Vous êtes une petite personne charmante et on ne peut que vous aimer, mais vous me semblez aussi un peu naïve, et les hommes, croyez-moi, mieux vaut leur accorder une confiance limitée.
- Ah, vous aussi vous pensez que Toni et moi on n’a rien à faire ensemble ? Tout le monde le dit, j’ai l’habitude de l’entendre vous savez.
- Non, je n’ai pas dit ça. Peut-être qu’il est l’homme merveilleux que vous croyez, mais peut-être pas, je vous dis juste qu’on ne peut, qu’on ne doit jamais être trop sure. Un peu de vigilance ne nuit pas.
- Pardon hein, mais je pige pas ben.
- Faîtes attention à vous Natacha, c’est tout ce que je veux dire.
- C’est bien gentil à vous de vous en faire pour moi.
- Je vous le dis : vous avez un don pour attirer la sympathie. Vous avez du potentiel Natacha, ne le gâchez pas.

Un pote en ciel ? ça doit être une façon de dire une bonne étoile tsé !

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