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Henri Bonaventure

factotum

Le petit bal perdu

C’était bien (au petit bal perdu), Bourvil, mise en scène par Philippe Decouflé


Les projets de la p’tite patronne m’ont un peu mis la tête à l’envers, je dois dire, et c’est quasiment absent que j’ai observé les uns et les autres profiter des poissons qu’on avait pêchés avec les minots mercredi dernier.

J’ai souri — silencieusement à la façon de Lulu, qui est maître dans cet art délicat — quand j’ai observé tous ces couples autour du barbecue.

J’ai souri à voir papillonner Adèle et Nicolas, fiers — comme des bars-tabacs dirait Jojoff — d’avoir fourni le plat de résistance, même si j’ai bien vu ce dernier glisser discrètement quelques merguez sur la grille encore chaude au dessus des braises rougeoyantes ! T’as bien raison mon garçon, c’est du carburant de manifestant, s’agirait pas de gâcher.

J’ai souri à observer l’actrice et son ami observer en douce Côme le neuf avec une sorte d’envie dans les yeux. J’me demande si… Mais c’est pas mes affaires comme on dit !

J’ai souri à écouter Côme l’ancien citant la juste phrase au bon moment, une vraie encyclopédie cet homme là. Pas très à l’aise, au début, et puis les quelques verres de vin l’ont un peu déridé, heureusement.

Et puis aussi, j’ai souri…

Y’avait comme une ambiance de fin de … Je ne sais pas quoi exactement, tu sais quand tu es heureux et content d’être là, en bonne compagnie, avec des amis et qu’en même temps tu as une sorte de vague à l’âme qui t’empêche d’en profiter vraiment.

Ça me travaille depuis notre courte conversation d’hier, et les frissons que j’ai ressentis sur l’instant sont à l’évidence le signe qu’il faut que j’en tienne compte.

Au début de la saison j’avais dans l’idée de faire un peu d’économies et de partir en Nouvelle-Calédonie une fois passé l’été, afin de recoudre, si seulement c’était possible, les fils distendus des racines que je peux avoir encore là-bas.

Mais peut-être que je m’en fais une fausse idée et j’avoue que penser me voir tourner en rond sans aucun lien sur lequel tirer me laisse un peu perplexe : est-ce que le voyage en vaut vraiment la chandelle ? Parce que je partirais la fleur au fusil. Est-ce qu’en vérité les nouveaux fils tissés ici depuis quelques mois ne sont pas réellement ceux que je veux consolider ?

J’ai peur.

J’ai peur, je crois, de les laisser là et de ne pas les retrouver à mon retour, de ne pas pouvoir reprendre ma petite place de côté dans ce petit bal perdu que j’ai fini par adorer. C’est une chouette tribu. Elle est chouette ma tribu.

C’était comme une pièce de théâtre, comme un opéra, avec des actes et des scènes, des drames et des joies et faire partie de la troupe m’enchante et je crois bien qu’avant même d’écrire ces lignes ma décision était déjà prise…

N’est-ce pas ?

C’était bien ! Et je veux pouvoir le redire à la fin de chaque prochaine fois…

Alors je dirai présent quand la p’tite patronne me demandera solennellement si je veux faire partie, encore, de son aventure. Je crois même que je pourrais l’embrasser sur les deux joues après, si jamais je savais pas me tenir, hein ? Mais casses pas la tête, j’suis bien élevé !

Je crois que ça me fera encore les frissons, mercredi prochain.

Fin valab’ !

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