Informations sur l’accessibilité du site

Julia Ricci

Chambre 11

retour, de retour ...

Lundi soir donc, je suis descendue de relativement bonne heure pour dîner, et, surprise, je n’étais pas la première à la grande table ! Bonne surprise au demeurant, la personne installée avant moi était la jeune femme au tambour, qui m’a appris qu’elle s’appelait Hugo, et s’est marrée de bon coeur en voyant ma tête ! J’ai dû hausser un sourcil, ça m’arrive souvent quand quelque chose m’intrigue. Du coup elle m’a expliqué cette tradition familiale de l’initiale et la parentale décision prénatale de lui donner ce prénom, que le bébé soit fille ou garçon !

Je ne sais pas ce qui m’a prise, j’ai enchaîné naturellement avec les traditions “de chez nous”, et c’est vrai qu’avec le temps, elles commencent à s’accumuler. Entre celles “d’apparence chrétiennes” qui datent de l’époque où, en Bretagne, il fallait être catholique ou ne pas être du tout, celles “de racines” fondamentalement païennes et célébrées, transmises et respectées en privé, que ce soit à la Maison ou, pour les familles qui n’y habitent pas, dans leur Foyer, et les habitudes qui, doucement commencent à en forger de nouvelles, depuis quelques dizaines d’années, il y avait de quoi dire. Entretemps, nous avons été rejointes par une jeune femme brune d’une quarantaine d’années qui nous a dit s’appeler Caroline et être arrivée il y a peu. Elle m’intrigue, j’ai l’impression qu’il y quelquechose qui sonne pas tout à fait juste, comme si elle n’était pas tout à fait franche concernant sa propre personne, bizarre ! Puis sont arrivés un certain Arsène qui s’est installé à côté de moi, puis deux personnes que j’ai supposées être père et fille, et enfin une petite famille papa-maman-fiston s’est installée en bout de table ! La Demoiselle a passé son temps, avant les entrées, à dessiner sur un carnet, je me demande si elle est l’auteur des dessins du Chat de la Forêt que j’ai vu trainer dans la véranda l’autre jour. Mon voisin n’a pas tardé à remarquer le Triskell que j’ai fait tatouer il y a des années derrière mon oreille gauche, et a lancé la conversation sur la Bretagne et ses charmes touristiques, je les ai laissés parler ! J’ai eu l’occasion d’échanger quelques mots avec les parents, et il s’est avéré qu’ils participent également à la rando du lendemain. Constatant que je n’étais pas véhiculée, ils m’ont proposée gentiment de m’emmener à Choux où est fixé le rendez-vous de départ … j’ai, bien sûr accepté avec enthousiasme !

Bref, c’était une fort sympathique soirée qui m’a permis de faire un peu plus connaissance avec Hugo et de parler avec des gens, qui, ma fois n’ont pas eu l’air de me trouver trop rébarbative. Bon point !


Mardi, de bonne heure et de bonne humeur, petit sac sur le dos pour le pique-nique et grand sac banane sur les hanches pour mon téléphone, son petit zoom et les petits trésors que je ne manquerai pas de trouver en chemin, je descend retrouver les Marlet-Deblois dans le hall et récupérer mon pique-nique. Diable, mais nous ne sommes pas les seuls ma parole ! Il y a là cette jeune serveuse à l’accent tellement ensoleillé qu’elle doit bien savoir chasser tous les coups de blues de la terre rien qu’en disant bonjour, la fille de Mme Lalochère (10 ans, des faux airs de Zazie dans le Métro), et un couple qui, si je ne me trompe pas est à mon étage.

Et la rando ? C’était bien. J’ai pû me rendre compte que j’étais pas encore trop rouillée, même si je ne gambadais pas en tête de cortège comme la benjamine de la troupe, j’ai tenu un rythme tout à fait honorable, pas trop loin du guide que la petite avait décidé de guider avec sa boussole toute neuve qu’elle-avait-eue-pour-son-anniversaire ! J’ai aussi pris le temps de regarder où je marchais, et j’ai trouvé quelques petits trésors qui viendront enrichir mes collections, des jolis cailloux, des feuilles près de l’automne, quelques fragments d’écorces plats ou en tube, et une plume de geai !!! (j’en ai apperçu un que j’ai essayé de prendre en photo mais, le temps que j’ajuste le zoom, il s’est sauvé à tire d’aile le petit malapris !)

Bref une super journée, mais le lendemain, mon corps, ce cuistre, m’a rappelée que je n’avais plus 20 ans ….

Haut de page