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Natacha, dite Natou 13

serveuse

Révélations

Oh mon Papou quelle histoire ! Celle-là, je veux pas la raconter à mes folovers, c’est trop fada ! Alors je te la confie à toi. Bé ! Tu la connais déjà mais j’ai besoin, alors c’est à toi que j’écris. Après je brulerais ma lettre et ce sera fini.

Avé tout ce qui s’est passé avé Sébastien, avé DameJeanne qui me confie la réception demain, toutes ces belles choses qui m’arrive, je voulais régler le passé, alors, j’ai appelé l’oncle finalement. Y voulait rien me dire, au début, « pour mon bien » qui disait. Alors j’y ai dit :

- Bé, de rien me dire jusqu’à présent, ça m’a pas trop réussi ! Alors arrête avé ça ! Fatche ! C’est pour ton bien à toi ! Vaï !
- Dis pas ça Natou, c’est pas juste.
- Parle, boudiou !
- Écoute, je veux bien tout te dire, de toute façon la police sait tout maintenant et les Manilla sont pas près de refaire surface. Mais, ça m’embête que tu sois loin, parce que ça va te faire un choc.
- T’en fé pas, y a plein de gens qui veille bien sur moi ici, je te jure.
- Bé peut-être, mais c’est pas la famille et puis vaut mieux pas que tu racontes ce que je vais te dire. Tu promets ?
- Non, Tonton, je promets rien du tout ! La vérité, tu me la dois ! Tu me la donnes, c’est tout !
- Testarde comme ton père !
- …
- J’aurai voulu mieux faire, je te jure.
- Bé, raconte d’abord, je te dirai après si tu as bien ou mal fé.
- Par ou je commence ?
- Fatche de coun ! Par le début !
- Ok, les Manilla, entre autres choses y font du racket, tu sé ce que c’est ?
- Bé oui.
- On devait leur donner une partie de nos recettes en échanges de leur « protection ». En vré, en échange de rester en vie ! Fan de pute ! Ton père, y leur a fait la guerre, il a jamais voulu payer. Y disait « Un Alestra se couchera jamais devant la mafia ! » Bé y s’est couché finalement, pour de bon, s’en est pas relevé.
- Je comprends pas, qu’est-ce que tu racontes ?
- Je te dis que ton père n’a jamais voulu céder et que les Manilla l’ont fait tuer ! Pour l’exemple, voilà ce que je te dis !
- Oh bonne mère ! C’est Toni qui a tué Papou ?
- C’est pas lui qui a appuyé sur la détente, c’est sûr ! Lui, y s’occupait des sous, pas des flingues ! Mais ça revient au même, c’est la même famille.
- …
- Natou ? T’es encore là ?
- Oui.
- Tu pleures ?
- Je pleure pas !! Continue !
- Moi, je me mangeais les couilles alors je payais ! Je disais à ton père qu’il était calu ! Qui faisait le cacou ! Qui devait penser à vous protéger ! Mais y voulait rien savoir !
- Critique pas Papou ! T’as pas le droit !
- Je critique pas, j’explique. Bon, enfin, après sa mort, je vous ai recueillis, c’est normal c’est la famille. Toni venait au bar prendre le chèchou. Tu as grandi, tu es devenue belle comme tout, et je voyais le Toni te tourner autour, Fangoule ! Je pouvais rien faire ! J’ai essayé de te prévenir, je voulais te protéger, tu sé.
- Pourquoi tu m’as rien dit ? Pourquoi ? T’as cru que j’étais trop bestiasse ? Oh bonne mère ! Oh bonne mère ! « Dangereux » ! « Dangereux » tu disais et rien d’autre !
- Natou, cris pas mon petit chou ! Je voulais te protéger, je te jure !
- Arrête de dire ça !!!
- …
- …
- Natou ? Pardon ma petite ninette.
- Continue, qu’est ce qui s’est passé après ?
- Avé le temps, les Manilla sont devenus de plus en plus gourmands, je pouvais plus suivre. Alors y m’ont menacé. Ils voulaient…
- Quoi ?
- Ils voulaient s’en prendre à toi.
- A moi ?
- Oui … Toni t’a séduite, et pi y t’a emmené et j’ai reçu des menaces, alors j’ai payé ce que je devais.
- T’as reçu des menaces ? Y voulait me tuer ?
- Non ! Bonne mère ! Ça je te jure, l’a jamais voulu te tuer ! Voulais juste me faire savoir qu’ils pouvaient. Mé, attends la suite, me coupe pas, j’y arriverai plus après. Au début, c’était pour faire pression sur moi. Mais après ça a changé. Toni est venu me voir, tu étais restée dans tes montagnes. Y m’a dit qu’il allait tout arranger, qu’il en pouvait plus de cette vie, de son père, y m’a dit qui t’aimait. Il a dit aussi que c’était trop pour lui ! Qui voulait pas qu’on t’abime ! Et qu’il allait faire en sorte qu’on soit tranquille. Et puis il est reparti. Bé, la suite tu la connais.
- La suite ?
- Oui, il s’est fait arrêter avec toute sa famille !
- …
- Natou ?
- …
- Tsé ! Possible qu’il a trahi les siens, pour tout arrêter… Et pour te protéger aussi.
- Il a trahi sa famille ? Pour me protéger ? Mais qu’est-ce que vous avez tous à me protéger comme des branquignoles !! Vous avez pas de considérations !
- De quoi ?
- Oh peu cher ! Toi non plus tu sé même pas ce que ça veut dire !
- Tsé, je dis ça, j’en sais rien, c’est ce que je me suis pensé. Et pi, j’ai cru que ça te consolerait un peu de savoir qu’au final y t’aimait.
- Vous connaissez rien à l’amour, tous, tant que vous êtes ! Tu dis que tu m’aimes et tu me mens ! Toni, dit qui m’aime et y me ment ! C’est ça l’amour ? Et pi vous dites « je te protège » Fatche de coun ! Et moi je prends des coups que je vois pas venir, comme un cochonnet !
- …
- …
- Natou ?
- …
- Tu veux pas rentrer à Marseille maintenant ? Ta mère pleure chaque jour de t’avoir perdu.
- Tsé quoi ? Je vais me protéger toute seule maintenant ! Je rentre pas, je rentrerai jamais à Marseille. Ville maudite !
- Natou !
- Dis à maman que je l’aime.
- J’ai mal fait, hein c’est ça ? Ta mère va me tuer !
- Je sé pas. M’en bati !

J’ai raccroché ! Je tremblais encore, comme l’autre jour chez Gaston. J’arrivais pas à m’arrêter. Je suis partie comme une furie marcher dans la forêt sous la pluie ! Je savais pas où j’allais Papou. Je suis arrivée dans une clairière. Y avait un gros chat, comme celui de mon rêve, qui était assis là, au milieu. Fan ! Y me regardait, papou, je crois que je suis devenue fada, pace que je t’ai vu à la place du chat. Tu avais des yeux tristes et tu me souriais, comme Gaston. Pi le chat est venu se frotter sur mes jambes, je me suis laissée tomber par terre. Je crois qu’il est venu se coucher contre moi, mais je me souviens pas bien, peut être que je me suis endormie. C’est le froid qui m’a fait bouger. Je suis retournée vers l’auberge trempée comme une soupe. Je suis retournée dans ma chambre, j’ai pris une douche bien chaude et je me suis préparée pour mon service du soir. Je me suis regardé dans le miroir et j’ai mis un beau sourire sur ma figure !

Voilà Papou, tu sais tout maintenant. Je sé pas quoi faire de tout ça. Je sé même pas ce que je sens. C’est pas ma vie Papou, tu m’as pas appris cette vie-là. C’est une vie de cinéma, comme pourrait l’inventer le Javot mais c’est pas pour moi.

Je vois bien que derrière les questions y’en a toujours d’autres. C’est l’enfer de la teste, les questions.

Je vais faire comme Henri a dit, laisser tout ça derrière moi maintenant.

Adieu Papou.

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