Informations sur l’accessibilité du site

Éric Javot

Chambre 16

3 femmes et un couffin

Attention au piège !

 

Quand une femme te demande d’aller lui chercher son petit gilet si joli, et que tu le trouveras facilement posé sur le dossier de la chaise…

Ou alors dans le sac rouge…

Ah non peut-être dans la penderie, tout simplement…

Ou…

Bah farfouille un peu quoi…

 

Bref ! Soit tu retournes toute la chambre, au risque de ne rien trouver et de t’entendre dire plus tard « Tu vas rire, je crois que je l’ai laissé à Paris », soit tu prends une de tes chemises, de toute façon elle te les pique tout le temps et cela fera bien l’affaire !

 

C’est l’option que j’ai évidemment choisie .

 

J’ai retrouvé Élisa dans la véranda, elle discutait avec deux jeunes femmes et un couffin.

Je m’immisçais.

Oh ! Dieu ! Que ce bébé est beau !

Il s’appelle comment ?

Côme ? ( ah, voilà qui met à mal la théorie de l’influence d’un prénom sur la personnalité ! Pensais-je… )

Je peux le prendre ?

 

XX.Int.Jour/ Chambre de maternité :

 

Richard (6 ans) et son père rendent visite à sa mère qui a accouché la veille. À côté du lit se trouve un petit berceau. Le père saisit délicatement le bébé dans ses bras et le montre à Richard.

 

Père

Richard, je te présente Céline, ta petite Sœur.

 

Richard regarde avec fascination ce tout petit enfant qui bouge un peu en s’étirant, émettant des sortes de grognements en plissant les yeux qu’il garde le plus souvent fermés.

 

Mère

Tu veux prendre ta petite Sœur dans tes bras ?

 

Richard

Je sais pas… Je peux ?

 

Père

Bien sûr que tu peux, il faut juste faire attention, mais je vais te montrer. Tiens assieds-toi dans le fauteuil… Voilà, cale-toi bien… C’est bon pour toi ?

 

Richard s’exécute, visage sérieux et concentré puis fait un oui de la tête.

 

Père

Alors, tu mets tes bras en berceau… Voilà comme ça… Je vais t’installer le bébé dessus… Et tu fais juste attention à bien tenir son cou… Voilà je pose sa tête dans le creux de ton épaule ; tu vois, elle n’a pas encore assez de muscle pour la tenir toute seule, mais ce n’est qu’une question de semaine !

 

Richard paraît paralysé. Il baisse la tête pour contempler sa Sœur. Elle ouvre ses yeux un instant et un rictus de sa bouche semble se transformer en un grand sourire. Le visage de Richard se détend et lui aussi sourit. Il lève la tête et voit ses parents qui le regardent d’un air béat.

 

Richard

Je suis content d’avoir une petite Sœur, je crois que je vais bien l’aimer.

 

Couper

 

————————-

 

À un moment, je me suis rendu compte que tout le monde avait l’air de s’amuser à me voir gagatiser comme ça sur le petit Côme.

En fait, je crois bien que j’aime les bébés ; sauf quand il faut les changer ou qu’ils crient la nuit, on est bien d’accord…

 

Oups !

Élisa me regarde d’un drôle d’air ! Qu’est-ce que j’ai encore fait ?

Ah, mais oui ! Que je suis con !

Javot ! Tu ne changeras pas dans ta légendaire galanterie !

Tu arrives avec tes gros sabots, et hop tu t’empares du bébé sans te demander si justement ce n’est pas ce que ta belle s’apprêtait à faire !

Mon cher Éric, de moi à moi, tu devrais te méfier avec les gamins, voilà que tu en oublies les gens, déjà avec Adèle l’autre jour…

« Tiens, June, prends-le dans tes bras. Tu vas voir, il est trop adorable.»

À ma grande surprise, elle parut un peu décontenancée (elle ne doit pas avoir l’habitude des jeunes bébés), mais son sourire après, quand elle a regardé ce bout de chou qui lui faisait son numéro de charme n’a laissé aucun doute…

 

C’est l’heure du biberon on dirait, Côme retourne dans les bras maternels, quant à nous :

 

« Élisa mon amour, cet enfant t’allait divinement bien ! Tu viens, on va se promener. »

Haut de page