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Vernon Tardif

gouvernante

La côte de bœuf vaut bien la Côte d’Azur

Ces gens sont… ou c’est l’endroit, qui baigne dans une espèce de folie – mais tout en légèreté. Les clients organisent des barbecues avec la complicité – et pas qu’un peu – des membres du personnel, et je me retrouve invité.

Jamais un client ne m’a payé un coup à boire avant aujourd’hui. Il faut reconnaître, ceci dit, que « Bonjour, je viens faire la chambre… — Vous ne voulez pas un whisky d’abord ?[1] », on passerait rapidement dans un autre type d’hôtellerie !…


J’ai eu un moment d’hésitation. J’allais pas venir sans rien, tout de même ! Henri a toujours la solution. « Casse pas la tête, t’as qu’à ramener des assiettes, on va pas manger dans nos mains ! Les proprios d’avant, je bossais déjà pour eux, ils ont laissé leur vaisselle, mais visiblement, notre Jeanne avait une autre idée des Zardelatable. C’est pas très au goût du jour, mais elles marchent encore. Elles sont dans un placard au fond de la cuisine qui sert à stocker les trucs qui servent jamais ou en cas d’urgence. Moi je dis, une occasion de cet acabit, on peut décider que c’est une urgence ! »

Du coup, je suis descendu samedi aux Adrets, où ils m’ont sorti un rouge du cru dont ils m’ont dit monts et merveilles. Mon expertise en vin, c’est pas trop ça. J’ai beaucoup dormi aux cours d’œnologie, mais personne ne s’est plaint, et moi-même, je n’ai pas boudé mon plaisir.

Du coup je fais comment ? Va-t-en conserver distance et professionnalisme avec des gens qui t’ont vu danser avec la petite. J’ai pas fini de recroiser les Midaloff. Va falloir me retenir de leur donner du Jojoff et du Julie… Javot et June me donneront moins de difficulté : je les côtoie depuis plus longtemps, j’ai mes repères et réflexes. Je sais où je vais. Ou je m’en convaincs, je navigue pas mal à vue quand même. Y a le professionnel qui craquelle aux entournures, je le sens. Et pire, je crois que je commence à m’en foutre…


Mon Samir,

Non seulement les clients ne respectent pas le personnel, mais en plus ils se font des horreurs entre eux. Hier, un individu que je ne qualifierai même pas a entrepris de faire une côte de bœuf au barbecue, construit par le factotum, ce bandit sans foi ni loi, qui m’a forcé à détourner la vaisselle hors service.

Tu imagines la tête des autres clients, ceux qui mangent au restaurant, sentant les effluves de la grillade devant leur brochet. La Janette, elle a une recette où elle te le fait bouillir avec des herbes probablement de son coin, vaudou que ça m’étonnerait pas. La torture. Il est où mon figatellu ?

Je t’embrasse.

Vern

Note

[1] J’adore ce film

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