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Éric Javot

Chambre 16

The life is not a quiet river

Ma mère voici le temps venu

D’aller prier pour mon salut

La June est revenue

 

Toi le servant toi le Vernon

Vaudrait peut-être mieux changer nos draps

La June est revenue

 

Mon cœur mon cœur ne t’emballe pas

Fais comme si tu ne savais pas

Que la June est revenue

 

Mon cœur arrête de répéter

Qu’elle est plus belle qu’avant l’été

La June qui est revenue

 

(J’aime beaucoup cette chanson)

 

Qui a dit que le Jura était un endroit calme pour se reposer, passer des vacances peinard et écrire un scénario ?

 

Et donc June est revenue !

 

Voilà, ça c’est fait !

 

Mais la vie continue, j’ai promis une pétanque à Natou et Jojoff ! Donc mignonne allons voir si la boule que je vais tirer ne va point chasser le cochonnet !

 

Nous partîmes quatre, mais par un prompt renfort nous nous vîmes dix (au moins !) en arrivant à la place de jeux ; la deuxième, parce que le gars de l’entretien nous a viré avec tact des graviers où nous avions commencé la première manche !

 

 

Alors une partie de pétanque avec une vraie Marseillaise, ça vaut sont pesant de sardinades ! On se serait cru dans un film de Pagnol !

 

XX.Ext. Jour/ Chemin :

 

Ils sont six à jouer sous le regard d’ardents spectateurs, commentant le score tout autant que la technique ! Toutes les boules ont été lancées, le point semble litigieux :

 

Javot

Cela ne fait pas un pli, il est pour moi

 

Jojoff

Que nenni, mon prince, vous vous rêvez en patron du Cac 40 !

Il est clair que ce coup est une victoire du prolétariat ! J’ai l’Œil acéré d’un roto, si je sais voir un millimètre de décalage entre deux plaques mal ajustées, je ne vais pas me tromper sur l’espace entre une boule et le cochonnet ! C’est un fait, je remporte !

 

Javot

Té mon brave, vous me semblez bien sûr de vous ! Côté Œil acéré, vous oubliez la justesse du mien quant à voir si un cadrage est bien équilibré, et là c’est évident ma boule est la plus proche

 

Antoinette

Il y a des bouts de ficelle dans le hangar, on va mesurer et puis c’est tout !

 

Antoinette part et revient une minute plus tard avec un morceau de cordelette qu’elle tend à Jojoff. Pendant ce temps, ça discute dans tous les coins. Jojoff s’accroupit pour mesurer sous le regard suspicieux de Javot et de Le Floch.

 

Javot

Alors, il est bien à moi le point ?

 

Jojoff

Oh ! Une minute quoi, je mesure !

 

Le Floch

Qu’est-ce que c’est cette plaisanterie ?

 

Natou

Salette ! C’est pas une plaisanterie, c’est une partie de boules !

 

Le Floch

Nan, mais la ficelle la ? J’ose espérer que c’est une plaisanterie ?

Une ficelle c’est souple, ça se distend, ça dit ce que l’on veut qu’elle dise. J’ai un mètre dans la voiture, je vais le chercher !

 

Le Floch s’éloigne en marmonnant

 

Le Floch

Pff une ficelle pour mesurer, et pourquoi pas une anguille tant qu’on y est !

 

Coupez

—————

 

Tout le reste de la partie fut du même acabit, au final plus personne ne sait qui a gagné, mais Natou ayant décrété que c’était nous, j’ai proposé d’offrir l’apéro sous le patio…

 

Le dîner : en tête à tête avec June qui m’a recausé du synopsis que j’avais écrit pour elle. Elle l’adore. Elle a essayé de me convaincre de le retravailler, mais je ne suis pas fan de l’idée.

Je lui ai parlé de jouer Maria Casarés, un biopic tiré de sa correspondance avec Camus. Elle a tout de suite cité « les enfants du paradis ». Je vais lui prêter le livre ; 1300 pages, ça va l’inspirer !

 

Il doit y avoir un truc dans cette auberge, calme le jour, mais souvent agité la nuit !

La nôtre le fut d’abord agréablement par nos retrouvailles. Mais alors que nous dormions du sommeil du juste, je ne saurais décrire le cri qui nous a réveillés !!! Un cri de bête blessée, une sorte de hurlement indéfinissable, quelque chose pas vraiment humain…

 

On s’est retrouvé assis sur le lit en un bond. June m’a regardé avec un air interrogatif,  je lui ai répondu par un air pas vraiment plus intelligent. « Ça vient d’en bas ! » Elle saute dans une de mes chemises. Le temps que j’enfile mon peignoir et mes pantoufles, elle est déjà dans le couloir. Nous nous précipitons au premier, chambre 4, chez Natou !

 

Jojoff est là, enserrant Natou dans ses bras. Entre spasmes et sanglots longs, impossible de comprendre ce qu’elle dit, pas sur d’ailleurs que ce soit des mots, plutôt des petits cris rauques. Je sens que d’autres gens arrivent. June prend les choses en main. Je n’ai pas trop compris comment, mais on s’est tous retrouvé dans le couloir, les deux filles dans la chambre. Jojoff, inquiet, me demande si June est la bonne personne, je le rassure…

 

Il explique ce qu’il s’est passé.  Il a entendu le cri, il a tout de suite pensé que Toni était en train de s’en prendre à Natou, il n’a pas réfléchi, il a défoncé la porte à coups d’épaule, d’ailleurs il s’est fait mal ! Et là, il a trouvé Natou en crise devant son ordinateur. Il l’a prise dans ses bras pour la calmer tout en lisant le message de rupture de Toni…

 

« Tu vois Jojoff ! L’homme de la Pampa, parfois rude, reste toujours courtois, mais la vérité m’oblige à te le dire : son Toni commence à me les briser menu ! »

(Moi aussi j’aime beaucoup ce film)

 

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