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Akikazi Takenaka

Chambre 19

L'ikigaï, où en suis-je ?

Bon, à la base, j’étais venu dans cette auberge pour réfléchir à une éventuelle nouvelle orientation dans ma vie. Le petit livre de l’ikigaï — La méthode japonaise pour trouver un sens à sa vie, offert par Stéphanie juste avant mon départ, devait me servir de guide… Après trois semaines et demi ici, ayant déjà dépassé le délai que je m’étais originellement accordé, il est peut-être temps de faire le point et savoir où j’en suis.

Premier pilier : commencer petit

L’idée derrière ce pilier est double : se lever tôt le matin, car c’est là que le cerveau est le plus créatif et que la lumière du soleil est la plus stimulante, et trouver la motivation qui permette de se lever tôt.

Bon, là, c’est pas gagné. Me lever tôt pour fourguer des assurances à des personnes qui n’en ont pas besoin, tout ça juste pour pouvoir toucher mon bonus à la fin de l’année et augmenter le total sur mon compte en banque ? Non, plus du tout la motivation pour ça. Mais du coup, j’ai de la motivation pour quoi ?

Deuxième pilier : se libérer soi-même

Là, le but, c’est de réussir à trouver le flow : ce moment où l’on est tellement concentré et passionné par ce que l’on est en train de faire que l’écoulement du temps semble s’arrêter et le monde disparaître.

Ces jours-ci, le flow, je le trouve dans les bras d’Ann-Kathrin, mais cela me semble plutôt difficile d’en faire une carrière. Le flow, je l’ai également bien connu au début de la vingtaine, quand je fréquentais passablement les concerts de punk hardcore. L’énergie brute qui se dégageait à la fois des musiciens et du public me transportait hors de moi-même. Une très forte impression d’être sorti du temps, d’en ressortir complètement lessivé, mais avec un sentiment de béatitude qui durait plusieurs heures, voire plusieurs jours.

Plus récemment, je retrouve ce genre d’impressions lors des spectacles de danse : Vollmond de Pina Bausch, ou La IXè symphonie de Maurice Béjart, ou encore le toujours sublime Boléro du même Béjart (particulièrement lorsqu’il était dansé par Jorge Donn ou Elisabet Ros), et l’incroyable Nomad de Sidi Larbi Cherkaoui parmi les plus marquants…

Envisager quelque chose dans le domaine de la culture ? Peut-être passer du côté créatif ? Il faut que je voie si je ne peux pas me trouver des cours de théâtre ou d’improvisation. Parce qu’il ne faut pas se leurrer : la danse, avec ma souplesse et à mon âge, c’est peine perdue !

Troisième pilier : harmonie et durabilité

Dans le livre, pour parler de ce troisième pilier, l’auteur prend l’exemple du sanctuaire shintō d’Isé. Ce sanctuaire aurait plus de 2000 ans, et tous les vingt ans tous les bâtiments sont reconstruits à l’identique, avec les mêmes méthodes de construction qu’à l’origine, puis une cérémonie est organisée pour « déménager » les déités des anciens bâtiments aux nouveaux, et les anciens bâtiments sont démontés.

Le côté harmonie est lié à la « qualité » de l’intégration des bâtiments dans la forêt environnante, la durabilité vient elle de la nécessité d’assurer l’approvisionnement en bois nécessaire pour reconstruire ces bâtiments. Certaines poutres ont effectivement besoin d’arbres plus que centenaires, ce qui nécessite une gestion à très long terme des forêts permettant fournier la matière première à la reconstruction. Et il y a également la durabilité des savoir-faire : puisque tout est reconstruit à l’identique, avec les mêmes techniques qu’à l’époque, la transmission du travail des artisans est assuré au fil des siècles.

Bon, définitivement, sous cet angle-là, il faut oublier les assurances… L’art, par contre, cultive bien l’idée d’harmonie…

Quatrième pilier : la joie des petites choses

Ca, je l’ai bien redécouvert ici à l’Auberge. J’ai trouvé une joie insoupçonnée à observer de petits renardeaux jouer entre eux. Ou à écouter un olibrius russe brailler de l’opéra depuis une barque sur le lac. Ou simplement échanger à propos de tout et de rien avec les autres résidents de l’Auberge.

Cinquième pilier : être ici et maintenant

Être ici et maintenant, je le pratique le mieux quand je suis en compagnie d’Ann-Kathrin actuellement. Nos moments passés côte à côte sur le balcon à regarder simplement le soleil se coucher ou les étoiles. Ou nos longues discussions durant lesquelles nous sommes tous deux très attentifs à ce que raconte l’autre…


En conclusion, je crois que je me sentirais bien et à ma place si je peux trouver quelque chose à faire en lien avec la culture et avec des gens que j’apprécie. L’idée pourrait bien être de commencer à travailler comme administrateur d’une compagnie. Mon bagout d’agent d’assurance pourrait être recyclé pour la rédaction et la défense de dossiers de recherche de subventions, la partie de gestion des comptes, assurances (mmh), et gérer un budget sont en ligne avec ce que j’ai appris durant ma formation.

Il me manque toute la partie spécifique à la culture, mais il me semble avoir vu qu’il existe des formations post-grades en administration culturelle. Il me suffirait d’en suivre une pour combler partiellement ce trou…

Allez, c’est décidé, assez rapidement à la rentrée, j’annonce à Cédric que je veux diminuer mon temps de travail pour pouvoir me consacrer à d’autres projets, et je démarre une formation en administration culturelle ! (Et peut-être aussi quelques cours d’allemand, ça pourrait s’avérer utile si je voyage régulièrement vers Vienne ces prochains mois…)

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