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Natacha, dite Natou 13

Chambre 4 puis serveuse

Mé dites action

Dîtes mes folovers, je vais vous en boucher un coin. J’ai parlé avé une vedette ! Éric Javot, celui qu’était là au balléti ! Celui qui fait des films ! Bon d’accord, moi je connaissais pas mais Toni m’a dit qu’il était très connu. Enfin bref, j’y ai parlé à la vedette !

C’était cet après-midi, j’allais au lac, y faisait frisquet mais y’avait du soleil, comme y avait pas les coupains à l’auberge, je veux dire Jojoff, Brigitte et Gérard, Virginie, qu’étaient surement en train de cavaler par monts et par veaux. Et pi, le voyant il a quitté l’auberge, Dame Nature aussi, enfin bref, y avait dégun. Et moi j’avais envie de sympathiser. Alors je me suis dit :

- Bé peut être qui va y avoir du monde sur la plage

Bingo, y avait pas du monde, mais y avait le gars qui faisait le boudin là, comment elle disait Brigitte déjà ? Ah oui, la méditation. Je l’ai pas reconnu tout de suite, il était assis, les guiboles croisées face au lac, bé, dos à moi donc !

Je m’approche et je m’assois à côté :

- Je vous dérange pas ?

Et là je reconnais la vedette. Il ouvre un œil en coin et y me fait « chut » avé le doigt sur la bouche.

- Ah pardon, je vous emboucane ? Je me tais !

C’est bien ma veine té ! Moi qui avais envie de causer ! Mé bon, je me dis « patiente Natou, y va bien la finir un jour sa méditation. Pendant ce temps-là je l’observe. Bé, il est plutôt bel homme, plus vieux que Toni, mais dans le genre brun aussi ! Mé bon, au bout d’un temps, je m’ennuis un peu à rien dire comme ça. J’ai eu le temps de tuer un âne à coup de fil té ! J’ai envie de parler, je sens que ça monte, je vé pas pouvoir retenir. Je m’agite, j’essaie de toutes mes forces, je me dis « tais-toi Natou, attend » mais salette ! C’est plus fort que moi ! Ça sort tout seul !

- Vous faites ça pendant longtemps ? Pardon, je me tais, je me tais !

Ça m’a soulagé un peu, mais je sens que l’envie de bavasser me reprend

- Et, ça sert à quoi en fait, le truc que vous faites là ?

Cette fois, il tourne la tête vers moi, y me regarde, je saurais pas dire si y va me crier comme les profs à l’école ou si y va partir sans rien dire. Et pi finalement y me dit :

- Vous voulez apprendre ?
- Moi ? Oh, je saurais jamais faire ça, pas parler, pas bouger ! té ! c’est un truc de fada !
- Vous pensez que je suis fou ?
- Oh pardon, c’est pas ce que je voulais dire !
- Vous savez quoi, Natou, c’est bien votre nom ? ça vous coute rien d’essayer.
- Bé, si vous le dîtes ! Mais je vous préviens, je suis mauvaise élève pour le silence
- Je me doute !

Et y me fait un clin d’œil. Je me dis qu’il a l’air bien sympa quand même pour une vedette !

- Bien, alors déjà, asseyez-vous comme moi. Voilà, le dos droit, les épaules relâchées

Je m’escrime té !

- C’est pas mal. Maintenant fermez les yeux.

J’obéïs. Mais té ! j’ai envie de rigoler !

- Ne riez pas, respirer tranquillement. Concentrez-vous sur votre respiration. Inspirez, expirer

J’insepire, j’exepire, j’insepire, j’exepire. Vé j’ai la tête qui me tourne !

- Tranquillement, pas trop fort, vous allez vous hyper oxygéner
- Quoi ?
- Chuuuut ! Vous allez vous faire tourner la tête
- Oh fan ! C’est déjà fait !
- Ok, respirez normalement. Essayez d’être attentive, au moment présent. La sensation de votre corps assis sur le sable, l’air sur votre peau, les bruits de la nature tout autour …

Il a une belle voix, je me dis.

- Essayez de ne pas vous agiter
- J’essaye, je vous jure, mais j’ai le nez qui me gratte
- Ce n’est pas grave. Je vous propose un défi ! Silence et immobilité pendant une minute !
- Hoï, ça me rappelle quand j’étais minotte et qu’on jouait au roi du silence !
- Si vous voulez.
- Ok, vous me dîtes top départ ?
- Top !

J’essaye de toute mes forces de me concentrer, je sens bien mes fesses sur le sable, pas de doutes, j’ai même un peu mal au maffre à rester assise comme ça ! Bé, j’écoute de toutes mes oreilles, j’entends des oiseaux, pas loin, et pi un clapotis dans l’eau, bé un poisson peut être. J’ai envie de rigoler parce que je m’imagine les oiseaux qui discutent :

- Bé regarde ses deux fadolis !
- Mais qu’est-ce qui font ?
- Je sé pas, y bouge plus ! Y sont mort ?
- Attends, je vais leur caguer dessus, on va voir si y bougent !

Alors là, j’y tiens plus, je me prends un fou rire ! Le Javot me regarde et y se met à rire aussi !

- Mi nègui ! désolée hein ! je vous avais dit que j’étais pas douée !
- Aucune importance ! Vous avez votre façon à vous de vous détendre !
- Vré ! Moi, pour ça, je rigole!
- Ah oui, ça doit bien marcher aussi
- Ça pour sûr ! Vous devriez essayer !
- De rigoler ? Apprenez-moi.
- Bé, moi, quand j’ai le vague à l’âme, je pense à toutes les belles choses qui existent ! Ou alors, je me fais des films.
- Ah oui ? Moi aussi je me fais des films.
- Bé oui, vous c’est votre métier. Moi je me fais des films dans ma tête ! Comme là tout à l’heure té, j’ai imaginé que les oiseaux y bavassaient sur nous.
- Et que disait ils ?
- Ils se demandaient si on était mort et y voulais nous caguer dessus pour vérifier !

Et c’est reparti, je rigole et lui aussi.

- Bé vous, vous avez un beau métier ! Dîtes, je me demandais…
- Quoi ?
- Est-ce que les amoureux, dans les films, y s’embrassent pour de vrai ?
- Oui.
- Font la soupe de langues ?
- Si c’est nécessaire, oui.
- Et les scènes d’amour ?
- Ah les scènes d’amour !! Le grand mystère ! Mais si je vous raconte, je vais tuer la magie.
- Bah, c’est pas grave, de toute façon je vais pas au cinéma.
- Vous n’aimez pas ça ?
- Si j’aime ça, mais j’y pense pas. J’ai pas le temps. Et comment vous faite pour inventer les histoires ?
- Un peu comme vous, je me fais des films d’abord dans ma tête, j’observe les gens, et puis après j’imagine des histoires.
- Ah oui ! Et sur moi vous vous imaginez des choses ?
- Possible
- Quoi par exemple ?

Mazette ! Je saurai pas vous raconter tout ce qui pouvait imaginer sur moi, sur Toni, té, c’était rigolo. Des fois, c’était presque vré, des fois c’était du délire. Alors bien sûr, j’y ai raconté ma vie. Il a posé plein de question sur Toni. C’est la première personne qui s’intéresse à lui. Ça m’a fait plaisir de lui raconter comment on s’était connu, et pi j’y ai parlé aussi de son enfance, enfin, de ce que Toni m’a raconté. Y vient d’une famille très nombreuse ! Et son père à lui, il était violent. Y préférait son grand frère, y disait toujours que Toni c’était un raté.

Enfin, on a bien causé ! Bé tu vois, je l’aime bien ce Javot, c’est mon instinct qui me le dit. J’vais peut-être aller regarder un de ces films, té !

Oh pov ! j’en ai pas parlé à Toni, parce qu’y se serait encore fâché que j’ai parlé de lui. Fatche, c’est pour lui que je le fais, pour que les gens l’aiment comme je l’aime. Y dit qu’il a pas besoin, mais c’est des couneries ça, tout le monde a besoin d’amour, té !

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