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Natacha, dite Natou 13

Chambre 4

A bicycletteueueu

Hoï hoï hoï ! Mes folovers, faut que je vous raconte ma dernière aventure !

J’ai fait du vélo ! Oh bonne mère, que c’était bon de caler à toute allure, avé Jojoff derrière qui gueulait

- Attention Natou !
- Regarde Jojoff ! T’y as vu !

Mais, vé, voilà que je raconte dans le désordre. Par le début Natou, tu le sé bien ! !

J’ai croisé Jojoff qui rentrait à l’auberge dans l’après-midi, j’y ai dit :

- Bé, Jojoff coumé sian ?
- Ça va Natou, et toi ?
- Bé, moi ça va toujours !
- Ah tant mieux !
- Dis Jojoff, tu m’as pas oublié hein pour le vélo ?
- Certainement pas ! Je tiens mes promesses ! Si tu es libre en fin d’après-midi, on s’y met !
- Oh Fan ! Bé sur que je suis libre !
- Alors on se retrouve ici à 17h ? Marché conclu ?
- Marché conclut !

A l’heure dite, on s’est retrouvé et on a été chercher les vélos. Bon je vous passe les réglages qu’il a fallu faire, je suis si petite que j’ai failli prendre un vélo pour nine. Té !

On pousse gentiment nos bécanes jusqu’à la route. Et là Jojoff y me dit :

- Allez, en selle demoiselle !
- Oh Jojoff, tu veux pas me tenir un peu, j’ai les chocottes.
- T’inquiète pas, je te tiens. Le vélo ça s’oublie pas. Allez roules.

Je me suis lancée. J’avais le guidon tremblant et les jambes molles, mais Jojoff derrière qui m’encourageait :

- C’est bien Natou, très bien, continue comme ça, appuis bien sur les pédales !

Et pi un moment y m’a dit :

- Ben tu vois que tu sais faire du vélo !

C’est là que j’ai capeté qui m’avait lâché et que je pédalais toute seule depuis un moment ! Oh fan de chichounette ! J’étais fière dit ! J’ai freiné et je me suis arrêtée sans problème ! Comme une mouette qui se dépose sur la mer !

- Et Jojoff, on pourrait aller jusqu’au village !
- 2 km, et c’est de la montagne ! Tu te sens ?
- Pour sur que je me sens ! Je suis une aventurière ! Avanti !

Je suis repartie comme si j’avais fait ça toute ma vie ! Je pourrais pas vous dire, comme j’ai aimé ça ! Les cheveux dans le vent, je me suis sentie … Libre ! Oui, je crois bien que c’est ça. Oh fan ! Qué délice ! ça m’a fait remonter des souvenirs… Des images de mon père ! « Regarde papa ! Tu as vu comme je vole ! » « Oui, ma fille ! Tu es la plus grande aventurière de tous les temps » ! A vous je peux le dire, Jojoff, il a pas vu, mais j’ai pleuré sur mon vélo ! Je sé pas, c’était trop !

Arrivé au village, y m’a proposé de boire un verre. C’était bien venu té ! On s’est assis, il a pris une bière, moi j’ai demandé une citronnade. On a causé tous les deux. On s’est raconté plein de trucs, comme si on se connaissait depuis toujours. J’ai parlé de mon père, sur !

- Tu t’en souviens bien de ton père ?
- Sur que je m’en souviens ! Mon père c’était un italien. Ma mère est russe. Y se sont connus à Marseille. Ma mère m’a dit : “Ton père y m’a sauvé d’un gros pétrin !” Mais l’a jamais voulu me dire quoi. On vivait sur la butte, Bellevue ! Mon père y m’adorait ! On allait pêché tous les deux, on prenait les vélos, lui l’avait la carriole avé tout ce qui faut dedans, le pique-nique ! Bé, on était bien tu sais !
- Oui, à t’entendre je me doute. Si tu veux, on pourrait allé pêcher sur la lac un de ces quatre ?
- Bé, pourquoi pas ! Ça fait un bail, ça aussi que je l’ai pas fait !
- C’est comme le vélo, ça s’oublie pas. Mais tu me parlais de ton père ?
- Bé ! Il est mort ! Tu sé comment, je te l’ai dit déjà , non ? Ah, je perd la boule, je sé plus à qui je dis quoi ! Bé, il est mort d’une balle perdue. On m’a dit qu’il était en terrasse du bar de son frère, et pi y a eu une fusillade dans la rue et avant qu’on comprenne, les brutes avaient déguerpis et mon père il était raide ! J’avais 8 ans tsé ! ça fou un coup hein !
- Mais d’où te viens cette joie de vivre avec tout ce que tu as vécu ?
- Bé, je sais pas, Jojoff, je crois qu’un jour j’ai décidé d’être heureuse. Madré de dios ! C’est mieux que de pleurer toute la journée !
- Oui, c’est certain. Mais, ça demande une grande force de caractère. Tu es courageuse je trouve.
- Vé ! C’est comme ça ! Mon père il aimait rire ! Peut-être que c’est lui qui m’a appris. Il aimerait pas me voir tristoune !
- Personne n’aimerai te voir tristoune ! Ta joie est contagieuse.
- Bé, c’est une bonne maladie ça ! hein !

Il a rigolé. C’est un gentil lui aussi. Qué tristesse que Toni y voit pas la gentillesse des gens ! Enfin !

Jojoff m’a raconté qu’il était orphelin. Oh povre ! C’est dur ça, pas de parents du tout ! Pas de souvenirs ! Mais qu’il avait trouvé une famille dans son métier. Y m’a parlé de sa femme et de ses filles. J’ai parlé de l’oncle et de ma mère et de Toni té ! Jojoff comme les autres, je vois bien qui l’aime pas beaucoup. Alors j’y ai raconté un peu.

- Toni, c’est un gars du sud, il a le sang chaud, mais lé pas méchant.
- C’est toi qui sais Natou. C’est juste que tu me fais penser à ma fille, alors ça me rend … protecteur. J’ai pas aimé l’entendre te menacer l’autre soir.
- T’as jamais crié sur ta femme toi ?
- Pas comme ça, non, je ne crois pas.
- Nous, dans le sud, on gueule, tu sais, mais ça empêche pas qu’on s’aime. Et pi pour tout te dire, je l’ai escagassé à poser des tas de questions. Il aime pas ça les questions.
- Hum, j’ai bien envie de te dire que c’est pas une raison pour te gueuler dessus, que je voudrais que tu fasses attention à toi, j’aurai pas envie qu’il t’arrive un nouveau malheur. Mais tu vas me prendre pour un vieux rabat joie.
- Bé non ! C’est gentil ! Tu t’en fais pour moi c’est que tu m’aimes bien ! Je vais pas te faire la gueule parce que tu m’aimes bien !

J’ai bu ma citronnade et pi, j’y ai demandé

- Dis Jojoff, tu fais confiance toi ?
- A qui ?
- Aux gens ?
- Ben ça dépend.
- Ça dépend de quoi ?
- De plein de choses.
- Mais comment tu sais que tu peux ou que tu peux pas ?
- Ben, l’instinct je crois. Je le sens où je le sens pas et puis le temps aussi. On doit faire ses preuves.
- Toni y dit que je fais confiance à tout le monde.
- Et toi, tu en penses quoi ?
- Moi ? Je sé pas. Je me sens bien avé les gens. J’aime parler.
- Ça ne t’arrive jamais de ne pas te sentir bien avec quelqu’un ?
- Bé, si ça arrive des fois, tu sé quand les gens, y te prennent de haut là, j’aime pas les bégueules ! Mais c’est pas si souvent que ça.
- Bah tu vois, tu as de l’instinct toi aussi.
- Ouais ! J’ai de l’instinct ! Ça me plait ça.
- Bon, tu es prête à rentrer ?
- Oh Fatche oui ! J’ai pas vu le temps passer.

On a repris nos vélos, mais là oh pov ! ça grimpait sec ! J’ai fini à pied en poussant le machin. N’empêche maintenant que je sais refaire du vélo ! Je vais aller me promener, et tant ! j’irai à la ferme voir ma gallinette !

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