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Gaston Gumowski

chauffeur-livreur

Proie ? Ou prédateur ?

Hier matin, le réveil s’est fait en douceur, naturellement, progressivement. Tardivement, aussi. Une nouvelle nuit profonde, du repos complet. Mais rapidement, quelque chose m’a contrarié. Ce silence… Je ne sais pas pourquoi mais ça m’a inquiété. Presque angoissé, disons-le. J’ai donc enfilé prestement mon jean et mon t-shirt, jetés la veille un peu en vrac sur le fauteuil pas loin du lit. Et suis descendu comme un avion de chasse, malgré un résidu brumeux pas totalement dissipé, pour finalement atterrir dans une grande cuisine. Vide. Propre. Rangée. Je me suis figé. Quelque chose s’est serré. J’ai suffoqué. Me suis appuyé contre le frigo, le temps que toute la mécanique retrouve son rythme normal. Non, non, non. Je ne veux pas. Je ne veux pas comprendre que tout cela n’était qu’un rêve. Ce serait un cauchemar… tournait en boucle dans ma tête jusqu’à ce que j’ouvre ce foutu frigo pour y trouver… quelques belles parts de clafoutis et de fondant aux Smarties. Ç’avait bien eu lieu. C’était réel. Et si la vie pouvait être belle alors ? Mais, parlant de beauté, où sont donc passées les siamoises ?

Des pans de mémoire se sont reconstitués alors. Ah. Oui. Les filles. Parties voir des amis sur Lyon et faire un « brin de shopping » (Fear!). Pour la cuisine, je nous suis revus à la plonge avec Henri et Marco. J’étais au lavage. Henri à l’essuyage. Marco au rangement, secondé par Léo. Charlie, pour sa part, après avoir fini de débarrasser la table basse du salon, s’était scotchée à Henri. Quoi de plus normal. Ça fait quoi déjà ? Facilement deux ans, qu’ils ne s’étaient pas vus. Au moins. Son grand grand frère adoptif, tout aussi chiant que l’autre mais peut-être bien plus fiable. Je me suis lancé un café, servi un grand verre de jus de fruits, ai taillé dans une part de fondant au chocolat et dans une autre de clafoutis et suis parti m’installer pour petit-déjeuner dehors. J’ai souri en voyant que nous avions laissé en place les lampions sortis la veille. Je revoyais Léo et Adèle disposer et allumer des bougies sur la table paquebot, pendant que Jeanne, Charlie, et Anna nous transformaient le paysage en terrasse de guinguette. Et nous étions tous à ce moment-là en train de fulminer au sujet de cette feuille de chou qui s’était payé une Une salace sur le dos d’Élisa Hell. On espérait tous qu’elle tiendrait le coup, Miss June. Qu’elle resterait cette jeune fille pétillante et naturelle, cette serial bisouilleuse (on a tous fini par en convenir), que nous avions croisée. Elle nous avait tous séduits, pas de raison qu’elle ne devienne pas une grande étoile.

Vraiment, c’était si bon, cette soirée. Il va falloir remettre ça. On a tout l’été pour remettre ça. Régulièrement. Non. Anna… Anna n’est que de passage. Crétin que je suis, je ne lui ai même pas demandé ses dates de séjour. Et à l’évocation de son nom, j’ai senti mes yeux en manque de sa rousseur, mes mains en manque de sa douceur. Et l’irrépressible envie de me sentir imprégné de son odeur. Wow, mon gars. Il se passe quoi, là ?

D’autres circuits oubliés qui se seraient à leur tour réactivés ?
Et tu te doutes bien que ça ne pourra pas durer, non ?
Mais alors…

Proie ? Ou prédateur ?

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