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Éric Javot

Chambre 16

Paris sera toujours Paris

Cet aller-retour à Paris était …

intéressant …

 

Élisa m’attendait sur le quai de la gare, impatiente de me raconter tout ce qui lui était arrivé depuis son retour à Paris. Un nouveau book payé par Pollux avec la star des photographes du genre, 4 castings à préparer ; il veut aussi qu’elle prenne un nom d’artiste, quelque chose qui sonne mieux, quelque chose que l’on retient. Je lui ai rappelé le pseudo sous lequel elle s’était inscrite à l’auberge.

Malgré son enthousiasme, je voyais bien qu’il y avait un truc qui coinçait ! C’est au resto qu’elle m’a tout déballé, en l’occurrence un de ces torche-culs qui font encore les beaux jours des hauts rayons des magasins de journaux !

 

XX. Int. Soir/ Restaurant :

 

Richard regarde le magazine où l’on devine Lauren Baccal dénudé en couverture. Il feuillette l’hebdomadaire d’un air entendu, petit sourire en coin. Elle ne bouge pas, attendant une réaction.

 

Richard

J’apprends rien, je t’ai déjà vu nue.

 

Puis voyant qu’elle n’a pas l’air de vouloir plaisanter

 

Richard

Bon, en vrai, tu te sens comment ?

Lauren Baccal

Comment tu veux que je me sente ? Mal, très mal ! Au moment ou ma carrière risque enfin de décoller, paf me voilà humiliée, exposée à poils dans tout Paris, comment tu veux que je me sente ?

 

Richard

Mouais, mis à part la mauvaise qualité des clichés, il n’y a pas vraiment matière à scandale. Je viens d’une époque où il manquait une ligne au CV d’une actrice si elle n’était pas parue à poils dans Lui ou Playboy. Et puis pour la carrière, comme disait Léon Zitrone : « Que l’on parle de moi en bien ou en mal, peu m’importe, l’essentiel c’est que l’on parle de moi »

 

Lauren Baccal

C’est qui Zitrone ?

 

Richard

Un collègue de Drucker qui n’a pas eu sa longévité !

Et sinon tu en as parlé à Pollux ?

 

Lauren Baccal

C’est lui qui m’a appelé le jour de la sortie. Il n’avait pas l’air affolé, il voulait seulement savoir si j’avais signé un contrat ou une autorisation de diffusion. Je lui ai dit que non, alors il a rigolé et m’a expliqué qu’il allait mettre ses avocats sur le coup, pas pour faire interdire, juste payer les droits qui me reviennent ! Parce qu’une couverture, ce n’est pas donné ! Et il a rajouté tu peux me faire confiance pour qu’ils crachent au bassinet, n’oublie pas que je prends 10 %.

 

Richard

Élisa, ce n’est que le premier coup bas, il va falloir t’endurcir. Être connu c’est prendre des honneurs, mais aussi des uppercuts des jaloux en tout genre, de la presse de caniveau, ça peut aller jusqu’à être obligé de supporter d’avoir des paparazzis au cul qui voudront tout savoir de la couleur de ta petite culotte ou de ta marque de dentifrice !

 

Lauren Baccal

T’as raison, je sais que t’as raison ! Mais putain j’ai les nerfs !

 

Couper

 

—————

 

Après nous avons beaucoup parler, fait la bringue, fait l’amour !

 

Jeudi, la maquilleuse a eu du boulot avant l’émission pour me refaire un visage avenant et dynamique !

 

Ah ce Drucker !

Une pêche incroyable, le programme fera le prime time de dimanche, elle devrait être émouvante, simple et efficace pareil à son habitude ! Dire que quand j’étais minot il sévissait déjà au firmament du petit écran ! Il est hors d’âge (77 en vrai!), bon comme un vielle armagnac vieilli en fut de chêne.

Il nous enterrera tous.

 

XX. Int. Studio Gabriel :

 

Installé sur son fameux divan rouge, Michel Drucker est entouré de plusieurs personne dont la fameuse June East.

 

 

Drucker

Bonsoir, aujourd’hui je suis triste, je vais vous parler d’un grand ami qui nous a quittés. Malgré ses 90 ans, il était toujours très actif. Nous dînions encore ensemble l’autre jour et on discutait de son prochain film. Rien ne laissait prévoir qu’Éric Javot partirait subitement ainsi.

Ce soir, avec ceux qui l’ont bien connu, nous allons rendre hommage à l’immense réalisateur qu’il était, nous parlerons de sa carrière depuis « Un Suisse à paris » jusqu’à l’Oscar du meilleur film étranger décroché l’année dernière.

Et pour commencer, je voudrais donner la parole à June East qui l’a très bien connu. June bonsoir, pour vous, Éric était plus qu’un réalisateur, vous ne lui devez pas que votre palme d’or à Canne, mais aussi, et surtout votre fantastique carrière.

 

June (la soixantaine, lunette noire, reniflant de chagrin)

Oui, je suis bouleversée ce soir, plus qu’un réalisateur, c’est un ami, un grand homme, un confident que j’ai perdu.

 

Drucker

C’est lui qui vous à découvert, racontez-nous cette histoire formidable

 

 

June

Ah c’est une histoire incroyable, effectivement. C’était dans les années vingt, il y a plus de 30 ans ! Figurez-vous que l’on s’était rencontré par hasard, dans une auberge perdue au fin fond du Jura. Il s’était mis au calme pour écrire son prochain film, moi je travaillais un rôle pour Hollywood sur un projet qui finalement ne s’est pas fait. Un soir, nos regards se sont croisés, une sorte de coup de foudre. Alors que je doutais, il a tout de suite vu en moi l’actrice que je suis devenue, il m’a redonné courage. Je me rappelle bien l’époque, puisque le destin étant taquin, c’est grâce à lui que je vous ai rencontrée la première fois sur une émission hommage à Michel Piccoli !

 

Drucker

AH, Michel Piccoli, formidable !

 

 

———————-

 

J’ai profité de ces quelques jours pour refaire ma réserve de Lagavulin 16 ans d’âge !

 

Mon verre en main, fumant mon cigare, j’étais tranquille, j’étais peinard accoudé au balcon quand un type a surgi tout en bas, quasi à poils, courant dans tous les sens et gueulant des trucs incompréhensibles. Quelques minutes après a surgi un autre gars en pyjama sur le balcon d’à coté, éructant un magnifique “Oh merde ! le con ! fait chier!”. Il a disparu puis réapparus deux étages plus bas courant et criant après ce qui semblait être un vieillard : « Monsieur le comte, Monsieur le comte ! »…

Finalement avec l’aide du veilleur de nuit, ils ont réussi à ramener  l’impétrant à l’intérieur !

Le truc improbable, je me le garde sous la main pour un prochain film !

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