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Colin MacGowan

Chambre 18

Les montagnes, les sapins, bon…

Rien de tel qu’une excellente nuit pour se remettre de ses émotions. Car bien sûr, faire la route depuis Quimper en vélo n’est pas forcément de tout repos. On a beau tout prévoir, l’imprévu se jette avec inadvertance en travers du chemin qu’on avait tenter de tracer. Oh, ce n’est pas que je n’ai pas l’habitude, mais on n’aime jamais se faire surprendre par un orage, tout équipé qu’on soit, ni crever sur une route goudronnée après avoir parcouru sans encombre des pistes parfois sommaires… Ou encore se faire surprendre par un chien (le fourbe) se jetant sous les roues sans raison apparente sinon l’envie de les mordiller. Drôle d’idée.

Tout ça pour dire : je ne sais pas si l’auberge est complète, mais le sommeil y est profond et réparateur, sans bruit qui puisse le perturber[1]. C’est assez rare pour être souligné.

J’ai croisé le factotum (je ne connaissais pas cette appellation, c’est typiquement français, ça ?) appelé Henri - c’est étrange d’ailleurs ici tout le monde appelle chacun par son prénom, c’est… déstabilisant, du moins au premier abord - qui m’a indiqué, si je le souhaitais, que je pouvais ranger ma remorque dans la grange attenante, tout en précisant qu’hormis s’il pleuvait[2], elle ne risquait rien du tout par ici. Sous entendu : on est au fin fond de la pampa, que voulez-vous qu’il lui arrive ? Une attaque de loup / lynx / renard ? (rayer la mention inutile). “Casse pas la tête” a-t-il ajouté. J’ai dit d’accord.


J’ai passé mes premiers jours à découvrir les environs en empruntant les différents sentiers alentours, à repérer les plus jolis coins à faire découvrir à Lucie quand elle serait là. Mais bon, ça ne sera jamais comme en Bretagne. Je ne sais pas pourquoi, mais pour le moment elle fait un blocage pour venir découvrir la plus belle région du monde. Non parce que y a pas à tortiller, les montagnes, les sapins, tout ça, c’est bien sympathique, mais ça manque singulièrement de vagues, d’embruns et de… lyrisme. Oui, voilà, de lyrisme. Alors que la Bretagne, bon le Finistère surtout, hein, faut bien préciser, tu te prends des seaux d’eau salée dans la gueule, et tu en redemandes ! Les goélands chient partout et font un boucan de tous les diables, mais tu aimes ça ! Mais cette lumière incroyable, mais ces couleurs changeantes, ces granits tantôt ronds, tantôt acérés… Ces îles toutes plus belles les unes que les autres… Pourquoi à votre avis je me suis installé là-bas ?[3] Oui, évidemment, avoir du sang celte aide forcément à s’y sentir bien, comme chez soi. Évidemment puisque c’est chez moi.
Bon, en tout cas elle ne veut pas en entendre parler. Je présume qu’il y a quelque chose là-dessous, mais quoi ? Il faudra bien à un moment que je comprenne. Mais pas cette fois. Je veux savourer nos premières vraies vacances ensemble.
Et du coup, quand je lui ai proposé ces quelques jours dans le Jura, elle a dit oui. <3

Notes

[1] Il y a bien une ou deux chouettes qui essaient tant que faire se peut d’ennuyer ou d’effrayer le citadin, mais c’est peine perdue, si vous voulez mon avis.

[2] Je ne l’ai pas encore équipée en waterproof, c’est prévu… bientôt.

[3] Tiens, je m’adresse à qui en fait dans ce carnet ? Suis-je en train de m’auto-convaincre ? Et pourquoi est-ce que j’écris tout ça à la fin ?

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