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Henri Bonaventure

factotum

Des fois, on se demande !

Ça tient à peu de choses des fois la vie, hein mon fils ?

Tiens, ma daronne m’avait expliqué un jour pourquoi elle était tombée amoureuse de mon daron : il ressemblait à Yul Brynner, pour de vrai, chauve ou quasi comme lui, plutôt grand, bref voilà toute l’explication. En écrivant ça, tout d’un coup, j’me dit que c’est couillon qu’elle se soit marié à mon père, plutôt qu’avec Yul Brynner ! Ça m’aurait un peu plus plu, probablement, et il ne se serait pas tiré avant que je sache marcher, probablement !

Et en conséquence de quoi, je n’aurai pas été factotum allant à Pollox sur mon vieux peugeot, mais dans ma Ferrari rouge, ou dans ma Porsche bleue, pour aller faire un tour avec mon Avion privé sur la Côte d’Azur ; va savoir ! Mais non, il a fallu qu’elle tombe sur lui pour n’en profiter — et quand je dis profiter, c’est dans les toutes petites largeurs, parce que c’était plutôt l’inverse disait-elle — que quelques années, le temps qu’elle attrape un polichinelle dans le tiroir.

Tu vois, plutôt que d’avoir des origines caldoches, j’aurais pu en avoir du côté de la Mongolie, de la Suisse et de la Russie !

Mais comme disait celui qui aurait pu être mon père :

En somme, d’où on vient, où on est né, de quelle famille on vient, ça n’a aucune importance. Ce qui est important dans la vie de n’importe quel être humain, c’est ce qu’il a pensé, ce qu’il a fait, ce qu’il a accompli, en lui-même en tant qu’être humain, ou dans son travail, par lequel il s’exprime.

Interview de Yul Brynner par Pierre Dumayet, 1959

Y’a un truc qui me chiffonne quand même dans ce qu’il dit, rapport au boulot, parce que j’ai dans l’idée que c’est plutôt un truc qui fatigue si t’en as pas un qui t’intéresse et qui te plait !

Donc pour résumer voilà pourquoi j’ai du caldoche dans la caboche et du parigot dans le ciboulot !

Pour en revenir à mes affaires, je disais donc que j’étais sur mon biclou en direction de Pollox, pour aller voir de plus près cette petite bagnole que le neveu à la mère Grolleix veut vendre d’après la petite annonce que j’ai vu dans le journal. Y’a des impulsifs qui téléphonent, y’en a d’autres qui se déplacent[1]. Moi j’me déplace, donc me voilà sur la route, tôt ce matin, pour aller voir l’état de l’objet en question et éventuellement faire un tour avec et claquer une soupape, histoire de voir si ça vaut les quelques billets qu’il en demande…

Faut dire que ça me déplairait pas d’avoir un carrosse, plutôt qu’un âne avec porte-bagages, pour aller au bal du 14 juillet mardi soir prochain, si tu me vois venir… En fait non, oublie, c’est pas pour les pyjamas ce que j’ai en tête !

Parce que la petite patronne aura surement besoin de son combi et Gaston de sa limousine comme il l’appelle ; quant à son tracteur qui sent le gas-oil… Voilà !

J’ai mis un peu d’oseille de côté depuis quelques années, autant que ça serve à quelque chose.

Bon c’est pas tout ça, faut que j’y aille…

Note

[1] J’adore ce film !

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