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P. Vergnes

Chambre 18

Chère Amie

Chère Amie,

C’est ma dernière lettre dans ce journal numérique. Je rentre dans notre métropole. Je profite au plus de cet endroit. Je partirai un peu après le petit-déjeuner. En attendant, je vous écris.

J’ai relu ce que j’ai écris et me suis aperçu combien je m’étais dévoilé. Après bientôt dix-huit mois d’échange épistolaire, même si je vous ai parlé de moi, je n’ai pas abordé de choses intimes. Je ne vous ai jamais parlé de ma famille, de ma femme, de ce qu’il s’est passé il y a six ans. Je n’ai jamais abordé mes espoirs, mes regrets. Tout comme vous.

Or, c’est ce qui est le plus présent dans ces écrits. Même si je n’ai qu’évoqué les choses, la plupart du temps, je me suis ouvert comme jamais je ne l’ai fait. Même à ma femme je n’aurais jamais pu dire ce que je vous ai raconté sur les “Elles”. Même à Maman dont j’étais très proche. Jusqu’ici, c’est elle qui me connaissait le mieux.
Est-ce parce que vous ne pouviez me répondre par retour ? Nous n’en avions pas convenu, nous n’avons même pas abordé le sujet. Je vous ai envoyé le lien, vous lisez (les statistiques le montrent), vous ne commentez pas. Nous n’avons pas non plus profité de notre appel téléphonique ou de notre dîner pour parler de ce qui s’est dit ici. Peut-être attendiez-vous que j’y fasse le premier allusion ? Je ne saurais comment faire.

J’aimerais vous dire combien ces quatre semaines m’ont été bénéfiques. Parti pour travailler, je me suis retrouvé à réfléchir sur moi-même. J’ai pourtant l’habitude de la solitude, de l’isolement. C’est quelque chose que j’apprécie grandement. Me retrouver seul, c’est me ressourcer.
Ces quelques réflexions m’ont conduit à envisager l’avenir sous un jour nouveau. J’ai découvert que j’avais réellement une amie, et qui plus est une meilleure amie. Quelqu’un en qui j’ai confiance, avec qui j’ai envie de partager mes joies et mes peines. Surtout quelqu’un à qui j’ai envie de dire une partie de mes pensées. Bien sûr il y aura toujours mon petit jardin secret.

J’espère continuer à vous parler comme je l’ai fait ici. Les semaines qui nous séparent de la rentrée universitaires vont s’y prêter. Dès le 25, j’irai au chalet, rejoindre Papa, Agathe et sa famille, Marc et la sienne, ainsi que Maxime. Cette année j’attends cela avec impatience. Je dois sortir de mon travail, apprendre à me reposer, j’allais dire à ne rien faire, ou presque. Profiter de la vie, de ce que je suis vivant. Et vous faire part de tout cela, et surtout de mes quelques réflexions personnelles. Puisque ce journal m’a conduit à cela, tout doucement, tout naturellement presque.

Je voulais simplement vous dire combien j’ai aimé écrire ici. Vous écrire à vous, très chère. Je n’ai qu’un regret, ne pas avoir la plume de Camus.

Bien à vous chère Amie

P. V

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