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Natacha, dite Natou 13

Chambre 4

Le voyant est allumé

Hoï mes petits folovers

Je sé plus par où commencer tellement ça tourne dans ma boite craneuse. « Par le début Natou » Oui, je sé. Mais il est où le début ? C’est ça qu’est pas facile. J’ai la cervelle en pelotte et je trouve pas le bout de la ficelle. Bon, on va pas couper les chemins en quatre, on va tenter tout dret !

Toni, pas plus de nouvelles de lui que de l’aiguille dans la botte de foin ! Là, j’ai commencé à tourner vinaigrette, option moutarde ! Tsé ! J’avé mes sentiments dans la brume. Tantôt les boules ! Tantôt, à me dire que c’est mieux qu’il soit pas là parce ce que je pourrai le tuer, vé ! Je l’aime et je le déteste en même temps, c’est possible ça ? J’ai cru que j’allais tourner maboule !

Donc, hier, je me suis décidée ; j’ai vu le voyant. C’est vré que je vous ai pas parlé de lui ! C’est parce qu’il m’a demandé le secret, et moi, je suis une vraie tombe de prison ! Notez que je dis pas son nom ! Discret je vous raconte !

C’était une drôle de rencontre, vé, ce type. Je l’ai trouvé tout espouti au bord du lac, j’ai ben cru qu’il était cané, l’a fallu que je le bastonne un peu pour vérifier qu’il était vivant ! Le monsieur s’est réveillé et y m’a dit en grand secret qu’il avait des dons de voyance ! Du genre qui peut savoir l’avenir vé ! Je l’ai pas cru sur le moment, tsé ! Mais, m’a mis le doute quand même… Et si c’était vrai toutes ces fariboles ! Enfin bref, je l’ai raccompagné jusqu’à sa chambre, et paf, c’est celle qui est juste à côté de la mienne ! Si ça c’est pas un signe !

Du coup hier matin, j’y tenais plus. À me demander où est Toni ? Pourquoi qu’il appelle pas ? A en perdre le gout du sommeil ! Alors vaille que vaille j’ai tenté le tout pour le tout ! J’ai été voir le fada avé ses dons de voyance, je me suis dit « peut-être qu’y pourra me mettre la lumière à tous les étages » Parce que là, c’est l’obscurantisme tellement je sé plus ou j’en suis ! »

Je vé toquer à sa porte, il ouvre ! Tsé ! Je sé pas quoi dire, je suis muette, un vrai gobi, c’est rare ! Je reste toute drete comme un piquet. Y me dit

- Ah, bonjour Natou. Entrez, n’ayez pas peur.

Je fais ma fière quand même, j’ai de la figure, j’entre.

- Vous voulez un thé, un café ?
- Non, merci.
- Un verre d’eau.
- C’est pas de refus.
- Tenez, voilà. Asseyez-vous.

Je m’assois sur la chaise près de la fenêtre et lui sur l’autre. Tout soudain, je me dis « mais ma pov ! qu’est-ce que tu fais ! Dans la chambre d’un fadoli ! » Mais j’ai pas le temps de m’escamper qu’y dit

- Votre père est mort il y a longtemps, mort violente. Votre mère est maintenant avec son beau-frère, mais ça vous le savez déjà, vous êtes venu pour savoir si Toni va revenir, mais c’est la mauvaise question.

Alors là, ça me trou le cul ! D’accord je raconte ma vie à tout le monde, mais j’ai rien dit à personne sur ma mère et mon oncle, sauf à vous mes folovers. Ou alors, il a trouvé mon blog, ou alors… oh Bonne mère ! Jésus Marie Joseph ! Et tout les saints glinglin !

Je le regarde avec tous mes yeux, y me regarde aussi d’un œil de bogue. J’ai peur un peu qu’il refasse le malaise près du lac, mais non, il cligne des yeux et me sourit. Je dis :

- Et c’est quoi la bonne question ?
- Es-tu bien certaine de vouloir savoir ?

Fatche ! Je me mets à pleurer, je sé même pas pourquoi ? Comme quand j’étais petiote ! J’avais plus fait ça depuis la mort de mon père ! Ça coule, ça coule, ça veut plus s’arrêter. Il bouge pas, et c’est tant mieux parce que j’ai tellement honte de pleurer comme ça. Et puis ça s’arrête comme c’est venu ! Tout d’un coup, plus rien, vidée tout entière. Après, je me suis sentie comme la méditerranée quand elle est d’huile. Et c’est là qu’y me dit :

- Il reviendra.
- C’est vré ?
- Oui… Mais la bonne question c’est « qui est Toni ? » Tu le sais déjà dans le fond de ta peur. Tu seras bientôt prête à y faire face. Mais pas aujourd’hui.
- Je comprends pas.
- Ce n’est pas grave, ça viendra Natou, en son temps, ça viendra.
- Mais il va revenir c’est sur ?
- Oh oui, c’est certain.
- Oh merci ! merci !

J’étais tellement soulagée que je lui ai collée une bise et que je suis repartie presque sans dire au revoir.

De retour dans ma chambre je me suis jetée sur mon lit et tout à trac je me suis endormie. J’ai roupillé quasi toute la journée, j’ai même pas mangé. J’ai fait un rêve trop bizarre.

Y avait Adèle, Henri, June, Ann-Katheurine, DameJeanne, et le voyant, devant moi, qui me regardaient. J’étais habillée et maquillée comme une princesse avé la couronne et tout, on aurait dit Misse France. Adèle m’enlève la couronne, et puis la robe et je redeviens petite fille qui courre pieds nus dans les calanques. Là, je vois mon père qui me sourit et qui me dit « je porte que de la casquette, c’est toi l’aventurière », et il me met le capéou, le même que j’ai offert à Henri, sur la tête. Après je sé plus, j’ai dû me réveiller. J’ai pas diné, hier soir, je suis restée dans ma chambre et j’ai fait la dormiasse, jusqu’à ce matin.

Voilà, j’ai tiré le fil de ma pelote. Heureusement que je vous ai ; ça m’aide de vous écrire.

Je vais descendre prendre un bon petit déjeuné, je meure de faim, un vrai galapiat !

J’ai comme une chanson dans la tête qui fait « l’aventure, l’aventure, je veux l’avoir et je l’aurais » !

J’ai envie d’aller vadrouiller dans la montagne ! Faut que je demande à DameJeanne si je peux le faire avé des gens !

Oh fan ! Que c’est bon de vivre !

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