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Malia Walander

Chambre 14

Un Maillol

Je ne sais plus trop depuis combien de temps j’occupe cette chambre.
Je ne sais plus qui est encore là, qui est parti.
Je ne sais plus trop qui je suis moi-même depuis tant de temps.

(lui vient cet air)

”Algues brunes ou rouges

Dessous la vague bougent

Les goémons

Mes amours leur ressemblent,

Il n’en reste il me semble

Que goémons

Que des fleurs arrachées

Se mourant comme les

Noirs goémons

Que l’on prend, que l’on jette

Comme la mer rejette

Les goémons”

Paris est si loin d’ici.

A cette heure, normalement,
préparer, servir, desservir, balayer, laver, décaper, rincer, s’user les cartilages en tâches répétitives.
Sortir de là en sentant le détergent.

A cette heure, maintenant, un vide que je n’attendais pas.

Le Jura vous met les yeux en face des trous.

Monique : c’est elle qui m’a donné les coordonnées de Jeanne.
”Va voir par chez la fille Lalochère, sa mère et les nôtres étaient de la même cellule.
Elle se débrouille très bien. Et pis, avec c’qui t’arrive, c’est bon de garder la tête froide.
Des vacances au vert, c’est le meilleur que tu puisses faire.”

Les yeux en face des trous.

Des yeux verts ou marron

Des cheveux châtain

Expression douce, sourire désolé

Des rides au coin des commissures

Pas de port de tête

Des épaules rondes

Des bras de travailleuse

Des seins lourds

La taille marquée encore un peu

Les reins cambrés par l’effet de trop lourdes charges

Les jambes, musclées,
le travail encore

Les genoux épais

Les chevilles solides

Un Maillol

Pour ce qui est de la citrouille, mes souvenirs se décomposent. Je ne suis plus sûre de rien. Je préfère le présent au passé, et l’avenir, c’est une savonnette.
Sans intérêt.

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