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Marie-Antoinette Xavier

Chambre 11

Repos intense

Me revoilà. Je t’épargne le “cher journal” ou “cher carnet”, je n’ai plus 12 ans (certain.e.s diraient que par contre niveau maturité… mais ce n’est pas le sujet).

Je me suis beaucoup plus amusée que prévu pendant cette première semaine. Après m’être endormie comme une souche mardi soir, avec les poules, j’ai été réveillée en sursaut par un remake de l’alarme incendie du temps où j’allais au collège. Réveil doux et agréable, bien sur. Du coup, je suis sortie de la chambre (bah oui, faut sortir de l’auberge pour éviter de brûler s’il s’agit d’un vrai incendie), et ça valait le coup : un employé (sans doute le veilleur de nuit comme je l’ai compris par la suite) faisait des allers-retours en bougonnant (oui, j’ai beaucoup ri, mais pas devant lui -minimum de dignité et de respect-). Parmi les clients qui descendaient, une jeune femme ne semblait pas aller bien (mais le temps que je m’approche d’elle pour lui dire de descendre encore un étage, un homme s’est mis à lui parler). J’ai essayé de me rapprocher pour écouter, mais il parlait trop bas. Dommage !

En plus, des verres de vin et du fromage sont offerts pour excuser les problèmes de wifi (maintenant réparé, mais finalement une petite détox ne fait pas de mal, je vais essayer de limiter mon usage téléphonique). Ca doit être mes origines bretonnes, mais dès qu’on parle d’un peu d’alcool, ça fait fondre mon coeur. Concernant le fromage, ayant vécu à Bordeaux où les planches de charcuterie et fromages sont quasiment une religion.. Pas besoin de vous expliquer. Je pense que c’est à ce moment précis que mon coeur a fondu. Ce fromage était le meilleur de ma vie. Le vin avait un goût d’hydromel. Il va falloir que je me renseigne sur la présence d’un bar, je pense qu’il s’agit d’un besoin, d’une nécessité, de regoûter ces produits locaux pour en fixer le goût dans ma mémoire.

J’ai profité des trois jours suivants pour me balader au bord du lac. Comme l’impression d’avoir une jambe de bois à cause de cette attelle. Du coup, je me promène lentement -sans doute pour la première fois de ma vie d’ailleurs-, observant les paysages, les oiseaux. Je m’imaginais pas le Jura comme ça. En même temps, je n’imaginais pas le Jura, cela fait partie des endroits qui n’existent pas pour moi, comme la Corrèze ou le Gers. L’Arriège, par contre, je connais : c’est la route pour l’Andorre, un vrai bonheur ces routes de montagnes, entortillées, à moto.

D’ailleurs, pendant une de ces promenades, j’ai croisé une petite fille, seule, qui a fixé mes cheveux. Je lui ai souri (en ayant peur je l’avoue, pour moi les enfants c’est un peu comme un animal sauvage, mieux vaut en rester loin). Elle en a sans doute été encouragée et m’a demandé si j’étais née comme ça ! J’ai explosé de rire et lui ai expliqué que non, mes cheveux roses n’étaient pas naturels, je les ai coloriés. J’ai presque pu voir ses neurones tournicoter, j’espère qu’elle n’aura pas l’idée de se les peindre… Ca serait drôle.

Durant ces escapades, j’ai croisé de loin quelques personnes, il faudrait que je fasse “moins ma sauvage” comme dirait ma mère et que j’aille me présenter, beaucoup de ces personnes semblent seules aussi. On verra, pour l’instant le silence et la solitude me conviennent très bien !

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