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Émile Le Floch

Chambre 5

Un homme à la montagne !

M’y voilà enfin. Crevé. Sais pas trop ce que je fous ici. Certainement plus calme qu’à Quiberon en été, pas le moindre doute, mais… le Jura ? Y’avait pas plus proche que ce trou perdu ?

Lenaig n’a finalement pas pu prendre ses vacances, faute de personnel à l’hôpital. Peut-être dans deux ou trois semaines. Bien la peine d’avoir tout organisé longtemps à l’avance. Me retrouve seul au milieu de nulle part. Un peu comme au boulot, sauf que le sol bouge pas, l’eau du lac est pas salée, y’a pas de vagues. Le seul bateau du coin est une barcasse, le plus jeunot de mes équipiers en crèverait de rire : on en fait le tour en dix secondes max.

Les bateaux… Dans un an ce sera fini. La retraite… Se voir tous les jours… Rester à la maison… vais devenir fou. Rien foutre, ça va quelques jours, ça fait du bien, mais faut pas que ça dure. Faut que je trouve de quoi m’occuper. Sinon, on va s’étriper, et suis pas sûr de gagner. Trop l’habitude d’être indépendants, de mener notre vie chacun de son côté.

Dommage qu’on a jamais pu faire d’enfant et que ces cons de l’administration ont refusé l’adoption. J’t’en foutrai du « adoptant trop rarement au foyer ». Abrutis. Les enfants de marins sont pas moins aimés que les autres.

Me reste un an pour trouver une solution, alors que je pensais en avoir encore au moins cinq. Quatre voyages, peut-être cinq, pas plus. Rien de prêt. Fait chier.

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