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Arsène P. Brisette

Chambre 5

J'ai été pénétré par un rêve plein d'étrangeté

Dimanche 23 août

J’ai travaillé comme un forcené sur la quantification des externalités. Je garde en tête les objectifs des édiles, il faudra brosser la fibre des écologistes dans le sens qui convient et flatter le développement des industries et des commerces.

Promenade du soir aux alentours de l’auberge.

Mon intuition se confirme, il y a une porte du côté lac qui donne sans doute accès au cellier de l’auberge. Une porte en bois, des planches dans la masse avec des clous, un anneau que la rouille à presque épargné, le seuil est en pierre, la serrure contient une clef, de taille, qui doit rester là à demeure. Un hibiscus ou un buddleia en masque en partie la vue si l’on n’y fait pas attention…

Je parlerai à la patronne. A la réflexion, elle répondra sans doute à mes questions. Mais j’ai du mal à la cerner, on dirait qu’elle est partagée entre l’intérieur, habitée par la joie et la sérénité, et l’extérieur, en proie aux tempêtes que la vie nous réserve. Mais nul ne devrait souhaiter l’inverse, à la réflexion.

Cette dualité me rappelle un rêve, souvenir de la nuit de Samedi à Dimanche. Il ferait le miel d’un psychanalyste

Dans l’auberge, la nuit, la lune sur le lac, le vent qui agite avec lenteur la forêt. Air de Lakmé chanté par une cantatrice en toge. Elle tient un coussin avec un saucisson émettant une lumière venant du ciel et une bouteille de vin par le goulot de laquelle s’écoulent, à droite et à gauche, deux flots de liquides. Autour d’elle, des Peaux-Rouges crient en s’accrochant à des poteaux de couleur. Ils ont fermé les yeux et pourtant leur danse épargne des coyotes de l’année qui batifolent avec une jouvencelle.
Un satyre marque le sol de ses sabots et dessine une portée avec une clef de sol, alternant 2 notes sur et sous la première ligne, il porte le masque du dieu aux deux visages.
Un groupe de femmes suit et s’approche de l’auberge : un couple chantant des odes de Sappho, une tragédienne portant un masque de la Grèce d’Eschyle, se dissimulant et se révélant sans qu’on sache pourquoi, une naïade folâtre avec insouciance…
En retrait, dans les ténèbres, un chevalier, un Teuton peut-être, repose sa mentonnière de métal, sur une masse. Ses yeux observent avec cruauté les ébats. Des hommes sans forme, des ombres parfois, observent la scène…
L’obscurité devient une araignée, pas de celles qui font peur, de celles qui œuvrent à construire. Deux autres se joignent à elles et tissent des cocons autour des participants de la Bacchanale. Sans qu’on puisse en définir les limites, la scène perd de sa clarté, chacun dans son écrin de soie dont la blancheur tranche sur les ténèbres. Des fils de nacre enserrent les âmes jusqu’à qu’on ne puisse distinguer qu’un halo de blancheur…

Le soleil qui joue sur la blancheur des rideaux de ma chambre. Je sens mon âme qui s’étire dans la paix, mon réveil est tout de douceur et d’étonnement, j’ai l’impression d’avoir assisté à un événement.




Lundi 24 août

J’ai passé la journée avec Frédéric et le client. Nous avons avancé. J’ai envoyé des SMS à Célestine. On ne peut pas dire qu’ils respirent la sincérité mais ils font le job comme on dit au boulot.

Je suis passé à Pollox où j’ai réussi à trouver de la presse et notamment l’Histo Rama, le hors-série avec le dossier sur les Francs-Maçons et les Rosicruciens. Je n’apprendrais sans doute pas la vérité avec ce dossier mais il est de qualité et quelques informations pourront me servir dans mes réflexions. Je ferai une synthèse quand j’en aurai le temps.

Mardi 25 août 2020

Cette journée ne manque pas d’intérêt mais il est déjà 7 heures du soir, je vais aller manger.

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