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Gaston Gumowski

chauffeur-livreur

Pop-corn


— Bon… Tu comptes me faire la gueule encore longtemps, Gumowski ?
— …
— Allez, Gaz’, dis-moi quelque chose. Je t’ai déjà répété cent fois que j’étais désolée…
— …
— OK. Comme tu veux. Tire donc la tronche, va. En tout cas, maintenant, je sais que j’avais raison…
— Attention, Charlie, je sens que tu vas me sortir une connerie qui pourrait bien finir par m’énerver encore plus…
— N’empêche. C’est vraiment, mais alors VRAIMENT, un sacré beau petit lot !
— Charlotte ! Merde !
— Oh ben Charlotte-moi autant que tu veux, hein ! Ça, je ne suis pas près d’en démordre maintenant que j’ai pu juger sur pièce.
— Et tu te crois drôle, en plus ?
— Ben elle a eu de la chance, en tout cas, j’aurais bien aimé profiter du spectacle, moi aussi.
— Ah non, Léo ! Tu ne vas pas t’y mettre toi aussi ?!
— Respire, Tonton. Respire.
— …
— Et puis, regarde-toi. Tu as beau essayer de froncer les sourcils et de nous balancer ton regard de tueur, on dirait que tu as rajeuni de dix ans et que tu vas traverser tous les prés du Jura en jouant de la mandoline.
— T’es conne, ma pauvre sœur.
— Non. Heureuse pour toi, pauvre naze.
— Je peux dire que je suis d’accord avec elle ? Sans le « pauvre naze », me permettrais pas.
— Vous me fatiguez, toutes les deux. Mais vous me fatiguez. Vous n’avez même pas idée…
— Vous étiez si beaux, enlacés comme ça, ce matin. Et son tatouage est vraiment impressionnant…
— Tu veux bien te la fermer un peu, dis ? Je demande pitié, là. C’est bon ? T’es contente ?
— Je prends. Ça me fera une cerise de plus sur le gâteau du jour.
— Bon sang. Je suis trop vieux pour ces conneries… Et puis qu’est-ce que tu es venue foutre dans la grange, ce matin, aussi ?
— Ce que je fais tous les dimanches matins depuis que nous sommes là et que tu n’apparais pas au petit-déjeuner : je m’inquiète et je pars te chercher, pardi !
— Tu ne vas pas me dire que je vais devoir accrocher une chaussette à la poignée de porte de la grange, si ?
— Tu m’en veux si j’en déduis que tu envisages déjà de récidiver ?
— …
— Et puis, je serais bien curieuse de savoir comment vous allez vous débrouiller pour faire un retour discret à l’auberge, une fois qu’Hugo sera sortie de la salle de bains…
— Oh putain…
— Ah ça va, tout de même. N’exagère pas. Ce n’est pas catastrophique, non plus.
— Sauf que c’est dimanche…
— Et alors ? Ça change quoi, qu’on soit dimanche ?
— Jeanne sera à la réception.
— …
— …
— …
— Léo, mon amour ? Fais chauffer du pop-corn, tu veux ?

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