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Alexeï Dolgoroukov

Chambre 14

Retour à Paris

J’ai perdu un patron. Ça se remplace. Je me suis rendu compte aussi que j’avais perdu aussi le meilleur ami que j’ai eu. Et qu’il va falloir ramer dur pour rendre la vie aussi vivante que de son temps. Moins remplaçable, tout de suite…

Tristesse écrasante. Boule dans la gorge. Oh le vieux con, même mort, il continue à me faire des émotions fortes.


J’ai rangé nos dernières affaires.

Je crois que je vais laisser le samovar. Peut-être que ça fera sourire Madame Lalochère de le garder dans un coin.

Puis je suis descendu. J’ai imaginé les sourires, les claques dans le dos de Gaston, d’Henri, de Vernon et de Lucien. La joie de Natou, le sourire de June. La gaieté virevoltante d’Adèle… Pauvre Adèle, sale blague. J’espère que ça n’a pas trop gâché son lendemain d’anniversaire. J’aimerais bien les revoir, tous. Ceux qui sont devenus des copains, ceux qui ont vécu avec moi ces derniers jours si rocambolesques.


J’ai pris mon courage à deux mains, je me suis avancé vers le comptoir. J’ai payé ce qu’il restait à payer.


Et puis je me suis assis sur ma valise, à côté de la porte et j’ai fermé les yeux une minute, avant d’attaquer notre dernier retour vers Paris.

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