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Rose Poisson

Chambre 20

Coucou Josie!

Je suis désolée, je ne t’ai pas donné de nouvelles hier.
Parce que d’hier il n’y a eu que des bribes.
J’ai, en quelque sorte fait une cure de sommeil. Quand je suis arrivée, avant hier soir, je me sentais fatiguée mais je n’avais aucune idée de la profondeur de cette fatigue. Je suis allée me coucher rapidement et je me suis endormie comme une masse.
J’ai dormi jusqu’à midi! Après m’être douchée et habillée je suis descendue manger, léger, je n’avais pas faim. J’avais le vague projet de faire un tour d’exploration, à pied, autour de l’auberge mais mon corps en a décidé autrement. Quand je suis montée pour prendre mon téléphone portable mon lit m’a tendu les draps.
Et j’ai replongé illico dans une sieste qui a effacé l’après midi. Il était presque 18 heures quand je me suis de nouveau éveillée.
Mon portable était déchargé, j’avais oublié de le brancher. Je me suis dit que c’était un signe. Je n’avais pas à m’inquiéter pour la non réponse de mon grand père. Comme à maman et à mamie j’ai envoyé un sms pour dire que j’étais bien arrivée sur mon lieu de vacances. Maman m’a répondu:” Repose toi bien, ma chérie”, mamie: “N’oublie pas de dormir un peu”.
Je devais avoir l’air fatiguée… Pourquoi je ne m’en suis pas rendue compte?
Que j’étais épuisée?
Je suis sortie tranquillement, encore engourdie par ces heures de quasi coma, et j’ai fait cette petite promenade d’exploration. J’ai marché autour du lac, sous les arbres, sans but. L’esprit vaquant, effleurant vaguement le fait que grand père n’avait, semble t-il, pas remarqué, lui, que j’étais fatiguée. A moins que ce soit ça qui lui a fait choisir Gus pour reprendre le salon?
Je pensais, de façon ténue, à sa réaction de jalousie quand je lui ai appris que j’avais retrouvé mon père. Il me repousse et ne veut pas que je m’attache à…
C’est à ce moment qu’à déboulé un bonhomme sur roues. Je ne l’ai vu qu’au moment où il a fait un soleil par dessus son guidon, pile dans les ronces! Je crois que c’est parce qu’il a fait un écart pour m’éviter… Mais, en même temps comment j’aurais pu deviner qu’il arrivait s’il ne se signale pas?
Je me suis précipitée, il était un poil amoché. Comme un gosse qui aurait fait une chute. Sur un homme de cinquante ans c’est moins… Enfin plus… Impressionnant.
Enfin, il s’est relevé sans mal. Je veux dire sans aide. Il avait les vêtements en lambeaux. Mais il a engagé la conversation sans plus de manières. Il s’est avéré qu’il loge dans la même auberge que moi. Et nous avons papoté un peu en rentrant ensemble. Il est journaliste et a trouvé mon métier très intéressant. Il aimerai, éventuellement écrire là dessus.
Il y a quelques semaines encore j’en aurais parlé avec grand père. Là c’est à toi que j’en parle.
Et c’est moi seule qui prendrai la décision de raconter mes morts, ou pas, avec cet homme.
Je crois que j’ai bien grandi (pas en taille, bien sûr, je resterais petite toute ma vie) ces derniers temps.
Bref, après le coup de la chute, et bien, tu sais quoi? Je suis retournée me coucher. Et j’ai dormi, encore, jusqu’à ce matin.

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