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Calliste Saunier

Chambre 13

Le bruits de mes talons

Clac, clac, clac, clac.

Le bruit de mes talons dans un couloir infini, lumière de néons blafards, portes closes de part et d’autre.

Clac, clac, clac, clac.

Tout au fond une double porte que je pousse difficilement, chargée que je suis, ordinateur, cahier, stylo, téléphone, café.

Clac, clac, clac, clac.

Je m’apprête à m’asseoir.

Non pas là” dit une voix grave et autoritaire.

La même phrase à chaque chaise.

Mais enfin Madame Saunier, vous savez bien que vous êtes punie, allez vous mettre au coin.


Clac, clac, clac, clac.

Le bruit de mes talons dans un couloir infini, baigné d’une lumière aveuglante. Des baies vitrées laissent passer un soleil difficile à supporter.

Clac, clac, clac, clac.

Mon bureau. Tous les murs y sont vitrés. Y compris ceux qui ne donnent pas vers l’extérieur. Mon bureau est fait d’un matériau transparent.

Je m’installe, commence à travailler. Je relève la tête. Tous mes collègues, tous mes supérieurs tout le monde est là, agglutiné le long de ses parois. Il parlent entre eux, me montrent du doigt. J’essaie de les ignorer. Puis de me mettre en boule sous mon bureau.

Enfin, je hurle.


Je suis debout dans mon bureau. Je regarde par la baie vitrée. 30 étages plus bas les gens fourmillent sur le parvis de la Défense.

Je m’appuie du front à la vitre. Ce grouillement d’humains prêts à entrer dans leur propre machine à broyer m’angoisse.

La vitre s’efface. Je tombe. Rien ne pourra m’arrêter sauf le contact de mon corps qui va exploser contre le bitume.


Je me réveille dans un cri. La bouche sèche, le cœur qui bat au delà du raisonnable.

Peut-on mourir de peur dans un rêve ? Si oui je ne suis pas passée loin.

Je passe quelques minutes à reprendre mes esprits, à respirer lentement, à tenter dénouer le nœud d’angoisse dans ma gorge. Je suis sur ma terrasse, je me suis endormie sur le transat apporté gentiment par Henri.

Artus et Mathilde se sont endormis sur mon lit devant la télé. Trop grande pour une sieste, tu parles !

Je vais rejoindre le tas de chats qu’ils forment. Soupir de soulagement à la chaleur de leurs corps. Ca va aller.

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