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Denis Carolo

directeur adjoint

Travaille et dors et travaille encore

« Dans l’hôtellerie, dit la sagesse populaire, on travaille beaucoup et on est payé peu ». Je m’y suis aventuré en le sachant, et c’est vrai. Le phénomène est accentué par la région qui impose une… disons… modération salariale, par le fait que l’auberge est pleine dès l’ouverture (deo gratias, c’est peut-être ça qui sauvera l’héritage de Jeanne et de son frère), et enfin par le fait que j’ai des responsabilités en plus du travail-travail. La taille de l’équipe est telle que c’est la montagne de travail renouvelée chaque jour qui décide de ce qu’on fera et de l’heure à laquelle on se couchera.

Le PDG d’un grand groupe hôtelier a dit récemment que son secteur d’activité est « béni des dieux » ; notre modeste auberge, un « indépendant » dans le jargon du métier, ne peut bien sûr par se comparer à un Campanile de 150 chambres mais elle est à sa façon bénie des dieux elle aussi – pleine dès l’ouverture, je ne le redirai pas assez – et son équipe partage une mentalité commune avec à peu près tous les autres hôtels de la planète, celle d’accueillir les gens.

Tout cela pour dire que les journées de dix à douze heures, je les vis dans ma chair, là s’tu veux, man. Tant mieux, au demeurant, je suis là pour apprendre ; dans le passé les gros coups de bourre, s’ils ont parfois failli avoir raison de moi, m’ont appris des choses et ont fini en fin de compte par me rendre plus efficace, ou du moins plus bosseur. Le travail est une habitude ; s’il est habitude vers le bien, on pourrait dire que le travail est une vertu. En voilà une idée inactuelle.

Pour l’instant j’encaisse, c’est dur, ça fait mal aux pieds surtout puisqu’on est toujours debout, je ne vois pas la lumière au bout du tunnel mais je sais que le tunnel s’arrêtera.

Il serait trop fastidieux de détailler tout ce que j’ai pu faire durant ce silence de quinze jours où je me promettais de blogguer deux ou trois fois par semaine. J’ai fait de tout. Un fournisseur que je connaissais du Projet Reborn m’a permis de démêler une affaire de Wifi qui ne marchait pas ; il y a eu une brève rechute mais il y a maintenant du Wifi dans les chambres. Objectif court terme 1 : le bar. Il faut abreuver nos hôtes. Ça n’a pas avancé, ou presque pas. Pas le temps. Pas le temps non plus, hélas, de faire connaissance avec nos hôtes. Je voulais rencontrer des gens, pour l’instant je rencontre surtout du boulot.

La relation avec Jeanne se passe bien. Petit déjeuner, service à midi et le soir, dresser les tables, débarrasser les tables, accueillir les fournisseurs, écrire des trucs… On n’a pas idée du nombre de choses qu’il faut écrire dans un hôtel. Des menus. Des annonces. Des notes de service. Des mails. Des mots sous les portes. Des programmes d’excursion. Et de l’Excel, beaucoup d’Excel, PLEIN d’Excel. Là, je maîtrise.

Bref, tout en semblant « tenir » l’auberge avec et pour Jeanne, je me laisse aller aux injonctions du jour. Carpe diem, sed labora fortius. Le volume de Platon est resté dans sa valide, la « République » attendra. Ma chère Constance donne peu signe de vie et moi non plus d’ailleurs. Je me passe bien d’elle et des filles.

Ah, si, j’ai entendu Jeanne parler de l’Ibis Batignolles l’autre jour. Je la taquinerai à l’occasion sur le sujet. Elle s’entend bien avec le professeur de la 18, qui m’a l’air un peu fouriériste sur les bords. Eh quoi, c’est la région !

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